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Pac-Man, manettes et petits-enfants : découvrir les jeux vidéo à la retraite sans en faire un exercice de mémoire

Une soirée annoncée dans l’Hérault autour des jeux d’hier et d’aujourd’hui met en avant le dialogue entre générations. À la retraite aussi, le jeu vidéo peut d’abord être découvert comme un loisir partagé, sans devoir lui demander de prévenir les maladies de la mémoire.

Une femme retraitée et un adolescent jouent côte à côte, en échangeant un regard.

Pac-Man pour les uns, Fortnite pour les autres : la rencontre entre générations peut aussi passer par les jeux vidéo. Le 13 octobre, Midi Libre annonçait une soirée au collège du Salagou, à Clermont-l’Hérault, pour découvrir les jeux d’hier et d’aujourd’hui et échanger avec des professionnels dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale. Ce programme fournit une entrée intéressante pour les retraités : on peut découvrir le jeu pour partager un moment, sans en faire un exercice de santé. [1]

La rencontre était annoncée pour le 13 octobre, avec des jeux rétro et actuels, des ateliers et des ressources sur les écrans. Il ne s’agit pas ici d’un bilan de cette soirée. Ce qui retient l’attention dans son programme est la place donnée à l’échange, plutôt qu’à un discours qui opposerait automatiquement les générations.

Partager les commandes ne signifie pas devoir suivre le rythme des plus jeunes

À la retraite, l’intérêt d’un jeu ne se mesure pas à la vitesse d’exécution ni au nombre de niveaux terminés. Une partie peut être l’occasion de découvrir l’univers d’un proche, de lui montrer un jeu que l’on connaît ou de comprendre ce qui l’amuse. Le programme du Salagou prévoyait précisément le partage des pratiques et des souvenirs entre générations. [1]

Cette approche n’impose pas de devenir joueur régulier. Elle laisse la place à celui qui veut essayer quelques minutes, regarder une partie en posant des questions ou préférer un jeu de société, également présent dans l’annonce. La curiosité commune suffit à donner un sens à la rencontre, sans promettre un résultat médical.

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Une femme retraitée et un jeune adulte échangent autour d’un ancien jeu d’arcade et d’une manette moderne.

Choisir un jeu qui laisse de la place à la découverte

Pour une première expérience, la bonne question peut être : qu’aimerait-on faire ensemble ? Explorer, résoudre un problème, suivre un rythme ou s’affronter ne demandent pas la même façon de jouer. Le choix peut aussi porter sur des éléments très concrets :

  • des commandes que l’on comprend et peut essayer sans se presser ;
  • des textes et des éléments visuels suffisamment grands pour une lecture confortable ;
  • la possibilité de mettre en pause et de reprendre quand on le souhaite ;
  • une partie partagée ou accompagnée, plutôt qu’un classement que personne n’a envie de suivre.

Ce sont des critères de confort et de plaisir, pas un programme d’entraînement de la mémoire. Une présentation « pour seniors » ne garantit pas que le jeu convienne à une personne donnée. Les goûts et les habitudes restent aussi différents entre retraités qu’entre joueurs plus jeunes.

Trois critères pour découvrir un loisir : aller à son rythme, jouer ensemble et adapter le confort, sans promesse de traitement de la mémoire.
Ces repères concernent la découverte d’un loisir, pas un traitement ou un exercice médical.

Le plaisir de jouer n’est pas une ordonnance pour la mémoire

Des articles récents remettent en avant les recherches sur les jeux et le bien-être. Une étude d’Oxford publiée en mars 2025 a rapproché des données de jeu Nintendo et des questionnaires chez 703 adultes américains, majoritairement occasionnels. La durée de jeu y était peu liée au bien-être. Ce travail ne démontre pas une prévention des troubles de mémoire chez les retraités. [2]

La distinction est utile lorsqu’un jeu est présenté comme « bon pour le cerveau ». Réussir plus facilement une partie montre d’abord que l’on connaît mieux cette tâche. Pour parler de prévention d’une maladie, il faudrait des résultats portant sur cette maladie, chez les personnes concernées et sur une durée adaptée. Les données de bien-être d’une population adulte générale ne répondent pas à cette question.

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En rééducation, l’objectif et l’accompagnement changent

Le reportage d’Hérault Tribune consacré à Natural Pad décrit un autre usage : des jeux intégrés à des activités où un professionnel choisit les mouvements à travailler. Après un AVC, une revue Cochrane publiée en 2025 rapporte de petits bénéfices possibles de la réalité virtuelle et des jeux interactifs pour certains gestes ou l’équilibre, avec des niveaux de confiance variables. Ces résultats concernent une rééducation après AVC, pas tous les retraités. [3, 4]

Lorsqu’une activité ludique s’ajoute aux soins, elle peut aussi augmenter le temps total de travail. Cette précision explique pourquoi une séance adaptée par un professionnel ne se transpose pas en une consigne d’acheter une console ou de reproduire seul des exercices d’équilibre. La position, les mouvements et la tolérance sont alors choisis en fonction du travail prévu avec la personne.

Sources et références
  1. Midi Libre. Du Gaming pour découvrir les jeux d’hier et d’aujourd’hui. Annonce du 13 octobre 2026.
    https://www.midilibre.fr/2026/10/13/du-gaming-pour-decouvrir-les-jeux-dhier-et-daujourdhui-13597887.php
  2. Ballou N et al. Perceived value of video games, but not hours played, predicts mental well-being in casual adult Nintendo players. Royal Society Open Science, 2025.
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11896691/
  3. Hérault Tribune. Hérault : et si les jeux vidéo contribuaient, aussi, à nous soigner ? Reportage et entretiens, 10 octobre 2026.
    https://echo-des-tribunes.com/herault-tribune/articles/herault-et-si-les-jeux-video-contribuaient-aussi-a-nous-soigner
  4. Laver KE et al. Virtual reality for stroke rehabilitation. Cochrane Database of Systematic Reviews, 20 juin 2025.
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12178777/

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