La lettre adressée aux utilisatrices de désogestrel en septembre 2026 ne parle pas seulement de contraception. Elle rappelle un point qui concerne aussi les femmes à un autre moment de leur vie : après la ménopause, une contraception ne doit plus être prescrite, et le désogestrel n’est pas un traitement hormonal de la ménopause. [1] Cela ne rend pas pour autant inutile le souvenir des médicaments pris auparavant.
Les nouvelles discussions sur le méningiome peuvent brouiller ces deux questions : ai-je encore besoin de ce traitement aujourd’hui, et que faut-il garder de mon histoire hormonale ? Elles n’appellent pas la même réponse. L’alerte sur une pilule actuelle ne devient pas une indication d’IRM pour toutes les femmes qui ont utilisé une contraception au cours de leur vie.
Une pilule contraceptive n’est pas un traitement de la ménopause
Le désogestrel est un progestatif, une hormone utilisée notamment dans certaines pilules. L’ANSM précise que son autorisation de mise sur le marché porte sur la contraception uniquement. Il ne faut donc pas le considérer comme un traitement de la ménopause parce qu’il appartient à la famille des hormones. [2]
La distinction est concrète : une contraception répond à la prévention d’une grossesse, tandis qu’un traitement hormonal de la ménopause a une autre indication. Le rappel sur le désogestrel ne signifie pas qu’il faudrait interrompre indistinctement tous les médicaments hormonaux. Pour comprendre une prescription, le nom exact du produit et la raison pour laquelle il a été donné comptent autant que le mot « hormone ».
La transition précédant la ménopause et la période qui la suit ne sont pas non plus interchangeables. Les recommandations demandent de revoir la contraception régulièrement jusqu’à la ménopause. L’âge de 45 ans est un repère de réévaluation du désogestrel, pas une date automatique d’arrêt de toute contraception. La poursuite, le changement ou l’arrêt se discutent avec le professionnel qui connaît la situation. [1, 2]

Les anciens progestatifs restent une information utile
Avant de prescrire ou de changer une contraception hormonale progestative, l’ANSM demande aux professionnels de rechercher les progestatifs utilisés auparavant et leur durée. Cette histoire peut comprendre plusieurs médicaments successifs, parfois prescrits pour des motifs différents. [2]
Les documents citent notamment Androcur et ses génériques, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera et l’ancien Surgestone, qui n’est plus commercialisé. Ces noms ne désignent pas tous la même molécule ni la même exposition que le désogestrel. Les regrouper sous l’étiquette « ancienne pilule » fait perdre une partie de l’information utile au médecin. [3]
Pour retracer ce parcours, les repères à transmettre sont simples :
- le nom du médicament, ou la molécule si elle est connue ;
- la période et la durée approximative de prise ;
- les traitements qui se sont succédé ;
- un éventuel antécédent de méningiome et le suivi déjà prévu.
Il ne s’agit pas de reconstituer seule un risque chiffré. L’intérêt de cet inventaire est de permettre au professionnel de relier le traitement actuel à ce qui a été pris auparavant, plutôt que de juger une boîte isolément.

Ce que signifie vraiment « un an après l’arrêt »
La lettre de septembre indique que l’excès de risque associé au désogestrel n’était plus observé un an après son arrêt dans l’étude. Cette phrase peut sembler promettre un effacement de toutes les conséquences. Elle décrit en réalité un résultat statistique sur des groupes de femmes, pas l’évolution d’une tumeur individuelle. [1, 4]
L’étude française publiée le 11 juin 2025 dans le BMJ a comparé des femmes opérées d’un méningiome intracrânien à des témoins. Les auteurs ont recherché l’association avec les délivrances de contraceptifs. Le résultat après interruption concerne donc le risque observé de méningiome ayant nécessité une opération, et non la disparition de toutes les tumeurs après l’arrêt d’un médicament. [4]
Le papier souligne aussi l’importance des expositions antérieures à d’autres progestatifs connus pour augmenter ce risque. On ne peut pas étendre la phrase sur l’arrêt du désogestrel à toutes ces molécules, ni en déduire qu’un suivi spécialisé déjà en place pourrait être supprimé.

L’histoire d’un traitement ne prescrit pas à elle seule une IRM
Sous désogestrel, l’ANSM ne recommande pas de dépistage cérébral systématique. Elle distingue notamment les signes évocateurs de méningiome et une indication à l’instauration du traitement après plus d’un an d’exposition à un ou plusieurs progestatifs à risque. Cette indication au démarrage n’est pas une règle d’examen pour toutes les anciennes utilisatrices asymptomatiques. [2, 3]
Des maux de tête persistants, des troubles visuels, de l’équilibre ou du langage, une faiblesse musculaire, une perte de mémoire ou une épilepsie nouvelle ou aggravée doivent être signalés à un professionnel. Ces symptômes ont plusieurs causes possibles ; ils ne permettent pas de conclure seule à une tumeur liée à une ancienne prescription. [3]
Pour une femme qui a déjà eu un méningiome, le contexte est différent : les informations de sécurité actualisées en 2026 contre-indiquent les contraceptifs au désogestrel et à l’étonogestrel en cas de tumeur actuelle ou passée. Le nom des anciens traitements, les comptes rendus et le suivi de la tumeur deviennent alors des éléments à partager avec les professionnels, y compris lorsque la contraception n’est plus un besoin actuel. [3, 5]
Sources et références
Sources
[1] ANSM, lettre aux patientes de la campagne annoncée le 10 septembre 2026.
https://ansm.sante.fr/uploads/2026/09/09/20260910-desogestrel-et-meningiome-courrier-1200-als-deso-patiente.pdf
[2] ANSM, recommandations, 20 mars 2025, actualisées le 11 août 2026.
https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-et-risque-de-meningiome-nouvelles-recommandations
[3] ANSM, questions-réponses, 10 septembre 2026.
https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-a-base-de-desogestrel-et-risque-de-meningiome-questions-reponses
[4] Roland et al., étude nationale cas-témoins, BMJ, 11 juin 2025.
https://www.bmj.com/content/389/bmj-2024-083981
[5] ANSM, information de sécurité, 11 août 2026.
https://ansm.sante.fr/informations-de-securite/contraceptifs-a-base-de-desogestrel-et-detonogestrel-risque-de-meningiome-et-mesures-pour-minimiser-le-risque

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