Une offre sur laquelle compter chaque semaine, plutôt qu’une bonne affaire à saisir avant dimanche : c’est l’intérêt concret du panier alimentaire que le Sénat doit examiner le 22 octobre 2026. Portée par la sénatrice Antoinette Guhl, la proposition prévoit des aliments vendus de manière permanente à un prix ne dépassant pas leur coût de distribution. Elle n’est pas encore une loi applicable. [1, 5]
Pour un retraité comme pour tout ménage au budget serré, la question n’est pas seulement de trouver un produit moins cher. C’est de pouvoir organiser plusieurs repas sans devoir tout repenser au gré des promotions. Sur ce point, trois dispositions méritent davantage d’attention qu’une promesse générale de baisse des prix.
Une offre permanente, mais pas un panier tout préparé
Le mot « panier » désigne ici un ensemble de références proposées à la vente, pas un colis identique à emporter. L’obligation viserait les magasins alimentaires dont la surface de vente est supérieure à 400 m² et qui appartiennent à un réseau d’au moins 5 points de vente physiques sous la même enseigne. Elle ne serait pas réservée aux personnes âgées. [1]
Pour apprécier ce que cette offre changerait dans les courses, il faut distinguer :
- La permanence : retrouver une offre dans la durée, au lieu de dépendre d’une opération commerciale ponctuelle.
- La diversité : disposer de plusieurs aliments de nature différente pour composer des repas, pas seulement de plusieurs emballages d’un même produit.
- Le repérage : identifier les références concernées sans devoir parcourir chaque étiquette à leur recherche.
Le texte impose justement une identification claire, visible et homogène en magasin et sur le site internet des entreprises concernées. Ce repère aurait une utilité propre : une offre difficile à reconnaître aiderait moins à préparer ses achats, même si son prix était intéressant. [1]

80 références sur l’année, pas 80 variantes de conditionnement
La proposition fixe un plancher d’au moins 80 références distinctes sur l’année civile, avec au moins 3 références pour chacun des groupes alimentaires concernés. Ces groupes seraient liés aux aliments dont le Programme national nutrition santé recommande d’augmenter ou de privilégier la consommation. Leur liste et les critères précis seraient définis par décret. [1]
Changer seulement la marque, le format ou le poids ne suffirait pas à compter un aliment comme une nouvelle référence. Cette règle donne du sens à la diversité annoncée : multiplier les tailles d’un même paquet ne crée pas autant de possibilités différentes pour les repas. Le seuil annuel ne doit pas non plus se lire comme la garantie de trouver 80 produits simultanément en rayon.
Pourquoi entend-on aussi parler de 100 produits ? C’est le mot d’ordre de la campagne portée par foodwatch et ses partenaires. La revendication de 100 produits et le minimum de 80 du texte déposé sont deux choses distinctes. Ni l’une ni l’autre ne fournit aujourd’hui une liste officielle d’aliments à chercher dans son magasin. [1, 2]

Le prix coûtant conserve les frais du magasin
Combien économiserait-on sur les courses ? Aucun pourcentage ne peut être déduit de cette proposition. Son « prix coûtant de distribution » comprend le prix d’achat, mais aussi les dépenses nécessaires pour vendre le produit : manutention, stockage, personnel, énergie, pertes constatées et part justifiée des charges communes. Il exclut le bénéfice et les charges étrangères à cette commercialisation. [1]
Autrement dit, ce ne serait pas le seul prix payé au fournisseur. Pour juger l’intérêt d’une référence, le prix affiché et la quantité réellement utilisée dans les repas resteraient des informations utiles. Une sélection à prix encadré ne remplace pas cette comparaison et ne rend pas automatiquement intéressant un format dont une partie resterait inutilisée.

Le projet interdit aussi de faire supporter le coût du dispositif aux producteurs et fournisseurs, notamment en baissant le prix convenu au seul motif de l’entrée dans le panier. C’est une protection prévue dans les règles, dont l’application devrait être assurée, pas un résultat économique déjà constaté. [1]
Le rendez-vous du 22 octobre ne déclencherait pas les rayons
La commission des affaires économiques a rejeté le texte le 14 octobre. Le rapport de Marc Séné invoque une mise en œuvre trop complexe, des risques pour le commerce de proximité et pour les libertés économiques. Ce sont les objections de la commission, pas des effets déjà observés du dispositif. Ce rejet n’est pas définitif : la séance publique doit discuter le texte initial. [3, 4, 5]
Une éventuelle adoption devrait encore être suivie du parcours législatif et des modalités d’application. Le décret préciserait notamment les caractéristiques des aliments, la proportion minimale de références bio et les méthodes de calcul des coûts. Il encadrerait aussi les ruptures : le remplacement serait prévu dans les meilleurs délais, sous 30 jours, avec des adaptations possibles pour la saisonnalité et les difficultés d’approvisionnement établies. [1]
Sources et références
[1] Sénat — proposition de loi n° 940, déposée le 2 septembre 2026, article 1.
https://www.senat.fr/leg/ppl25-940.html
[2] foodwatch — campagne « 100 produits sains à prix coûtant » et appel au débat du 22 octobre.
https://www.foodwatch.org/fr/sinformer/nos-campagnes/alimentation-et-sante/malbouffe/urgent-senat-doit-voter-pour-pouvoir-dachat-et-la-sante
[3] Sénat — rapport de Marc Séné, L’Essentiel, 14 octobre 2026.
https://www.senat.fr/rap/l26-049/l26-0490.html
[4] Sénat — résultat des travaux de la commission, 14 octobre 2026.
https://www.senat.fr/leg/ppl26-050.html
[5] Sénat — dossier législatif et calendrier de séance, mis à jour le 20 octobre 2026.
https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl25-940.html

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