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En Belgique, le projet de garde médicale vise 30 % de consultations par téléphone : le relais avec le suivi habituel reste à préciser

Le projet belge prévoit de remplacer une partie des consultations de garde par des appels, les week-ends et jours fériés. Le vote du 19 octobre a laissé le budget sans approbation ; le parcours après l’appel reste peu détaillé.

Dessin d’une femme aux cheveux gris tenant un téléphone à son oreille, assise à une table.

Un appel téléphonique pourrait remplacer une partie des déplacements vers la garde médicale en Belgique : c’est l’une des pistes du projet de budget des soins de santé pour 2027. Les partenaires du Comité de l’assurance visent 30 % de consultations remplacées par un échange téléphonique dans le cadre de la garde, le week-end et les jours fériés. Mais le texte budgétaire n’a pas été approuvé au Conseil général de l’INAMI le 19 octobre 2026. L’objectif présenté n’est donc pas une nouvelle organisation déjà acquise. [1, 2]

Le téléphone envisagé pour une partie de la garde, pas pour tout le suivi

Le communiqué du 5 octobre situe la mesure dans les centres de garde de médecine générale et les services de garde organisés. Il parle de « téléconsultation », puis précise qu’il s’agit de remplacer des consultations physiques jugées inutiles par une consultation téléphonique. Le projet décrit donc ici un échange à distance par la voix, et pas nécessairement un rendez-vous avec une caméra ou une application vidéo. [2]

Cette précision rend le sujet plus concret. La proposition ne consiste pas à faire disparaître le cabinet médical, mais à changer le mode de réponse pour une partie des consultations pendant certaines périodes de garde. Son périmètre annoncé n’est ni l’ensemble des rendez-vous chez le généraliste ni le suivi régulier de chaque patient.

Pour une personne qui souhaite garder un interlocuteur médical lorsqu’un besoin survient un dimanche, la question est d’abord celle de la réponse obtenue. Éviter un déplacement et obtenir une prise en charge adaptée sont deux objectifs à articuler. Le communiqué expose le premier levier et l’économie attendue, sans décrire le parcours complet de l’appel jusqu’à une éventuelle consultation en présence du médecin. [2]

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Médecin au bureau écoutant un appel téléphonique tout en prenant des notes.
Le projet décrit une consultation téléphonique en garde, sans détailler le relais avec le suivi habituel. [2]

Les 30 % sont une cible d’organisation, pas une règle pour chaque patient

Le chiffre de 30 % donne l’ambition de remplacement annoncée par les partenaires. Il ne signifie pas qu’un patient devrait renoncer à trois consultations sur dix, ni qu’un quota personnel s’appliquerait au téléphone. Aucune répartition par âge ou par situation de santé n’est donnée dans cette présentation. [2]

Le projet associe cette cible à 4,1 millions d’euros d’économies attendues. C’est une estimation du scénario proposé, pas un résultat mesuré après déploiement. Le texte ne publie pas non plus une évaluation permettant de dire combien de déplacements auraient effectivement été évités, avec quels effets sur les délais ou sur la qualité de la prise en charge. [2]

Trois éléments doivent ainsi rester séparés :

  • Le mode de consultation : le téléphone, pour une partie de l’activité de garde décrite.
  • L’objectif de remplacement : 30 % des consultations, comme cible annoncée dans le projet.
  • Le résultat attendu sur les dépenses : une économie de 4,1 millions d’euros, qui n’est pas une économie constatée.

Le point décisif n’est pas de juger le téléphone à partir de ce seul pourcentage. Il est de savoir comment seraient repérées les situations dans lesquelles la réponse à distance suffit, et celles qui demandent un autre relais. Le communiqué ne précise ni ces critères ni les modalités d’une réorientation. Attribuer dès maintenant au dispositif un protocole détaillé irait au-delà de ce qui a été annoncé. [2]

Le vote du 19 octobre a laissé le budget sans approbation

La proposition avait obtenu l’accord du Comité de l’assurance de l’INAMI le 5 octobre. L’INAMI est l’organisme belge chargé de missions liées à l’assurance obligatoire soins de santé. Deux semaines plus tard, au Conseil général, la majorité des membres a soutenu le projet, mais la délégation gouvernementale s’est abstenue à l’unanimité. Son accord unanime étant requis, la proposition n’a pas été approuvée. [1]

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Ce résultat compte davantage qu’un changement de vocabulaire. Les annonces du 5 octobre décrivaient ce que les partenaires voulaient mettre en place. Le vote du 19 octobre n’a pas transformé ces pistes en budget approuvé. L’INAMI indique que le Conseil des ministres doit désormais fixer le budget et les objectifs budgétaires sur proposition du ministre compétent. [1]

Garde médicale belge : objectif proposé de 30 % de consultations par téléphone, économie attendue de 4,1 millions d’euros et budget non approuvé le 19 octobre.
La cible de remplacement et l’économie attendue appartiennent à la proposition du 5 octobre ; le vote du 19 octobre n’a pas approuvé le budget. [1, 2]

Dans sa réaction, le Collège intermutualiste défend un compromis comprenant 141,5 millions d’euros d’économies proposées au total. Il affirme que l’absence de décision empêche de lancer les mesures préparées. Les 4,1 millions associés à la consultation téléphonique constituent donc un volet annoncé du projet, pas le montant de toutes les économies envisagées pour les soins de santé. [2, 3]

La continuité des soins se joue aussi après l’appel

Changer le canal d’une consultation et assurer la continuité du suivi ne sont pas synonymes. Un échange téléphonique décrit une rencontre à un moment donné. La continuité pose une question supplémentaire : comment les informations et les suites de cette rencontre rejoignent-elles le parcours habituel de la personne ? Pour un lecteur qui organise son suivi après la retraite, c’est une question d’organisation des soins, pas une fragilité que l’âge permettrait de présumer.

Le communiqué du 5 octobre ne détaille pas la transmission d’un compte rendu au médecin habituel, les conditions d’accès aux informations déjà disponibles ou l’organisation d’un relais après la garde. Ces modalités seraient nécessaires pour apprécier le dispositif au-delà de son objectif budgétaire. Leur absence dans la présentation ne prouve pas qu’elles seraient impossibles ; elle laisse ouverte la façon dont le projet entendrait relier un appel ponctuel au suivi dans la durée. [2]

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Les partenaires ont aussi pris l’engagement de préparer, d’ici fin mai 2027, un plan pluriannuel durable pour les soins de santé. Ils annoncent notamment un travail sur la prévention et l’optimisation des prescriptions. Cette échéance concerne la préparation d’un cadre plus large, distincte de l’approbation du budget annuel. [2, 3]

Sources et références

Sources

[1] La proposition budgétaire sur les soins de santé 2027 n’a pas été approuvée par le Conseil général de l’INAMI (2026-10-19). https://www.inami.fgov.be/fr/actualites/la-proposition-budgetaire-sur-les-soins-de-sante-2027-n-a-pas-ete-approuvee-par-le-conseil-general-de-l-inami

[2] Les prestataires de soins, les institutions de soins et les mutuelles parviennent à un accord sur la proposition de budget pour les soins de santé en 2027 (2026-10-05). https://mutualites-libres.prezly.com/les-prestataires-de-soins-les-institutions-de-soins-et-les-mutuelles-parviennent-a-un-accord-sur-la-proposition-de-budget-pour-les-soins-de-sante-en-2027

[3] Budget de la santé 2027 : Absence de décision en raison de l'abstention du gouvernement (2026-10-19). https://mutualites-libres.prezly.com/budget-de-la-sante-2027-absence-de-decision-en-raison-de-labstention-du-gouvernement

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