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Exercices d’orthophonie et Alzheimer pour garder la parole

Une personne âgée et un professionnel utilisent des cartes illustrées pour un exercice d'orthophonie.

Quand la maladie d’Alzheimer s’installe, les mots fuient parfois en pleine phrase. Parler devient vite un effort, pour vous comme pour la personne.

On fait le point sur les exercices d’orthophonie qui aident au quotidien, et sur la façon de les adapter.

Alzheimer orthophonie exercices : préserver la communication

Avec la maladie d’Alzheimer, les exercices d’orthophonie ne visent pas à faire répéter des listes de mots. Leur but, c’est de garder les échanges vivants. On cherche à préserver le langage et les capacités qui restent.

Concrètement, l’orthophoniste peut travailler plusieurs points. Il s’agit de la compréhension, de la recherche d’un mot, de la construction d’une phrase, de l’attention ou de la mémoire.

Une tasse de boisson chaude, une brosse à cheveux en bois et un trousseau de clés sont posés sur une table en bois dans un salon.

Le but reste très concret. Il s’agit de permettre à la personne d’exprimer un besoin, de participer à une conversation ou de faire une activité familière. Autrement dit, on vise la vie de tous les jours.

Zoom sur les capacités travaillées

  • Le langage oral, pour retrouver un mot, nommer un objet ou formuler une phrase simple.
  • La compréhension, grâce à des consignes courtes données une à une.
  • La mémoire sémantique, autrement dit les connaissances liées au sens des mots et des objets.
  • L’attention, quand il faut écouter une question, regarder un support ou rester dans l’échange.
  • Les fonctions exécutives, qui servent à organiser une action, comme préparer une boisson ou ranger plusieurs objets.
  • La communication non verbale, avec le regard, les gestes, la posture et l’intonation.

Des exercices d’orthophonie relient le langage aux gestes du quotidien

Un exercice efficace ne tient pas forcément sur une fiche papier. Il gagne à partir d’une situation connue : choisir un vêtement, préparer le goûter, feuilleter un album ou téléphoner à un proche.

L’orthophoniste tient compte de la fatigue, des habitudes, des goûts et des difficultés. Une activité réussie n’est pas la plus complexe. C’est celle qui permet à la personne de rester actrice de l’échange.

Des exercices centrés sur la communication

La recherche de mots fait partie des exercices courants. On montre une image ou un objet, puis on donne un indice : une image, une première syllabe, une catégorie ou une question.

D’autres activités sont possibles, à ajuster au niveau réel de la personne :

  • Nommer des objets familiers, comme une tasse, une brosse ou un trousseau de clés. L’intérêt tient au lien entre le mot, l’objet et son usage.
  • Terminer une phrase, par exemple « Pour faire du café, il faut… ». Cela soutient la production de phrases et rappelle des situations connues.
  • Raconter un souvenir à partir d’une photographie, d’une chanson ou d’un objet chargé de sens. Les souvenirs anciens offrent souvent de bons points d’appui.
  • Chanter une chanson connue, avec ou sans paroles écrites. La mélodie et le rythme facilitent la participation quand la conversation spontanée devient difficile.
  • Choisir entre deux propositions, du type « thé ou café ? ». Les questions fermées demandent moins d’effort pour répondre.
  • Reformuler un message, pour vérifier que la personne a compris, sans la corriger brutalement.
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Des mises en situation utiles à domicile

À la maison, une activité peut se dérouler en six temps :

  1. Présenter une seule action, comme « prenez la tasse ».
  2. Montrer l’objet ou le geste si la consigne orale ne suffit pas.
  3. Laisser le temps de répondre, sans finir la phrase à la place de la personne.
  4. Découper l’action : prendre la tasse, verser l’eau, puis poser la cuillère.
  5. Valoriser la participation, même si le résultat n’est pas exactement celui attendu.
  6. Arrêter avant la fatigue, car la concentration et la communication coûtent beaucoup.

Une activité de rangement peut aussi devenir un exercice de langage. On nomme les objets, on les classe, on explique leur usage, puis on les remet à leur place. Le geste donne un support concret aux mots.

Le bilan orthophonique adapte les exercices aux capacités préservées

L’orthophoniste construit ensuite un projet adapté à la personne et à son entourage. Les exercices changent avec les troubles, la motivation, la fatigue et le comportement, et l’on peut aussi s’appuyer sur un atelier mémoire pour personnes âgées pour tenir compte de ce qui fonctionne déjà. Ils tiennent aussi compte de ce que la famille peut faire à la maison.

Le bilan observe la communication en situation

Au cours du bilan, des tests peuvent être utilisés. Mais une conversation réelle en dit tout autant. Le professionnel regarde si la personne accroche le regard et respecte le tour de parole. Il voit aussi si elle tient un sujet et lance un échange.

Un entretien avec un proche apporte des repères utiles. Il montre comment la personne communiquait avant la maladie. Les thèmes familiers, les activités aimées et les situations qui provoquent une incompréhension orientent le choix des supports.

Le bilan peut explorer plusieurs domaines :

  • La compréhension orale, avec des questions et des consignes de difficulté progressive.
  • L’expression, en demandant de nommer, décrire, raconter ou répondre.
  • La mémoire et l’attention, selon leur impact sur la conversation et les gestes courants.
  • La déglutition, c’est-à-dire le passage des aliments et des boissons, lorsque des difficultés ou des fausses routes apparaissent.

Le professionnel peut aussi proposer des aides à la communication :

  • Un agenda.
  • Un carnet de mots importants.
  • Des photos ou des pictogrammes.
  • Des étiquettes ou des repères placés dans le logement.

Ces outils ne remplacent pas la personne. Ils l’aident à rester autonome plus longtemps.

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La prise en charge change avec l’évolution

Au début de la maladie, les exercices peuvent porter sur la recherche de mots. Ils peuvent aussi travailler la compréhension de textes courts ou l’organisation d’une tâche. La conversation sur des événements récents aide aussi. La difficulté augmente petit à petit, pour éviter les échecs.

Quand les troubles s’accentuent, le travail se recentre sur les besoins du quotidien. Il s’agit de demander à boire ou de signaler une douleur. Il s’agit aussi de choisir un vêtement. Le langage devient plus simple et plus utile.

À un stade avancé, les mots ne suffisent plus. Un regard, un sourire ou un geste peut transmettre beaucoup. Une expression de refus ou un changement de ton en disent long aussi.

Les proches facilitent les échanges sans imposer des exercices

À la maison, votre rôle n’est pas de remplacer l’orthophoniste. Il consiste surtout à créer des occasions de parler. Sans en faire un contrôle de mémoire à chaque échange.

Quelques habitudes rendent la communication plus simple :

  • Se placer face à la personne, à sa hauteur, là où elle vous voit et vous entend correctement.
  • Réduire les distractions, en coupant la télévision ou la radio pendant la discussion.
  • Donner une seule information à la fois, car plusieurs messages peuvent se mélanger.
  • Utiliser des phrases courtes, avec des mots précis et un débit calme.
  • Laisser un temps de réponse, même si le silence semble long.
  • Proposer un choix limité, comme « thé ou café ? », plutôt qu’une question très ouverte.
  • Accepter les gestes et les mimiques, qui complètent ou remplacent parfois les mots.
  • Reformuler sans humilier, plutôt que de souligner l’erreur ou dire que la réponse est fausse.
  • Changer de sujet si l’échange devient pénible, pour préserver la confiance et le plaisir de communiquer.
  • Garder des activités qui ont du sens, comme cuisiner, écouter une chanson, feuilleter un album ou marcher.

Les questions répétées peuvent épuiser l’entourage. Une réponse notée dans un carnet, un calendrier visible ou une photo liée à un rendez-vous donne un repère. Vous évitez ainsi de rappeler sans cesse l’oubli.

Une tasse en céramique posée sur un dessous-de-plat et une radio en bois se trouvent sur une table basse, dans un salon chaleureux.

Une activité doit rester facultative. Si la personne refuse, s’agace ou paraît très fatiguée, une conversation simple, une musique ou un moment calme sera souvent mieux qu’un exercice prévu.

Une prescription médicale ouvre l’accès au bilan orthophonique

En France, le parcours commence en général chez le médecin traitant ou un médecin spécialiste. Si votre proche vit en établissement, un PASA en EHPAD peut aussi être une piste à évoquer avec l’équipe. La prescription peut mentionner un « bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire » ou un « bilan orthophonique d’investigation ».

Cette prescription n’a pas de durée de validité. Le médecin indique le motif, puis l’orthophoniste réalise son évaluation et définit les suites utiles.

Vérifiez les points avant de contacter un orthophoniste
Cochez ce qui s’applique à votre proche pour préparer le premier rendez-vous.

La recherche de mots fait partie des premiers signes que l’orthophoniste évalue.

Des consignes courtes permettent de vérifier la compréhension pendant le bilan.

Ce point oriente le travail vers les besoins du quotidien.

Elle est nécessaire pour accéder au bilan, et elle n’a pas de date de validité.

Ces difficultés font partie des domaines que le bilan peut explorer.

Ces repères servent de points d’appui pour choisir les exercices.

Le parcours se déroule généralement en plusieurs étapes :

  1. Un rendez-vous médical, dès que les difficultés de mémoire, de langage ou de communication inquiètent.
  2. La recherche d’un orthophoniste, en précisant la maladie d’Alzheimer et les difficultés rencontrées.
  3. Le bilan, réalisé avec la personne et, si possible, avec les informations d’un proche.
  4. La présentation du projet de soins, avec les objectifs, les supports et les conseils adaptés.
  5. Un suivi évolutif, réajusté quand les capacités ou les besoins changent.
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Lorsque la maladie d’Alzheimer est reconnue comme affection longue durée, les soins liés à l’affection peuvent être pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie, après déclaration et accord selon les règles applicables.

Les délais d’accès varient selon le territoire. Le médecin, la consultation mémoire, le centre local d’information et de coordination ou la coordination gérontologique peuvent aider à repérer les professionnels et les aides disponibles.

Les exercices d’orthophonie ne guérissent pas la maladie d’Alzheimer

Les exercices peuvent entretenir certaines capacités. Ils aident aussi à soutenir la communication et à utiliser des stratégies de compensation, et une musicothérapie Alzheimer peut parfois compléter ce travail, avec ses bénéfices et ses limites. Mais ils ne réparent pas les fonctions perdues. Ils n’arrêtent pas non plus l’évolution de la maladie.

La prise en charge associe souvent plusieurs dimensions :

  • Maintenir le langage, tant que la personne peut encore nommer, comprendre ou raconter.
  • Soutenir l’autonomie, avec des repères et des activités liées aux gestes habituels.
  • Limiter les situations d’échec, qui peuvent accroître l’anxiété, le retrait ou les réactions d’opposition.
  • Repérer les troubles associés, notamment les difficultés de déglutition ou les changements importants de comportement.

Un avis orthophonique devient utile dans plusieurs cas. Vous remarquez que la personne comprend moins bien les consignes ? Elle cherche souvent ses mots ? Elle n’arrive plus à dire ce qu’elle veut ? Elle a du mal à avaler ? Dans ces situations, un professionnel peut vous aider à mieux adapter le quotidien.

Si vous vous inquiétez pour la parole de votre proche, commencez par en parler au médecin traitant, qui peut vous orienter vers une prescription de bilan orthophonique. En attendant, on peut choisir une activité qu’il aime déjà, comme écouter une chanson, et le laisser y participer à sa façon.

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