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Alzheimer et perte de poids : quand faut-il s’inquiéter ?

Une personne âgée assise seule devant une assiette presque vide, regardant par la fenêtre avec un air pensif.

Le pantalon flotte un peu plus chaque mois, et l’assiette revient presque pleine.

Chez un proche atteint d’alzheimer, la question revient vite : est-ce la maladie ? Alzheimer et perte de poids peuvent aller ensemble, mais pas toujours. On démêle ça ensemble.

La perte de poids peut être liée à Alzheimer, sans suffire au diagnostic

Une perte parfois présente avant le diagnostic

Vous perdez du poids sans avoir changé vos habitudes ? C’est un signe possible de la maladie d’Alzheimer. Il peut apparaître plusieurs années avant les oublis. Mais il reste très général.

Une perte de poids peut aussi venir d’autres causes :

  • un cancer
  • une infection
  • une dépression
  • une maladie digestive
  • un problème dentaire
  • des difficultés financières
  • un effet secondaire de médicament

Le poids doit être surveillé dès le début

Dès le diagnostic, notez le poids, l’appétit et ce qui est réellement mangé. Ce suivi aide le médecin à repérer une dénutrition. Il la repère avant qu’un affaiblissement important ne s’installe.

Chez une personne âgée, le seuil de dénutrition est atteint dans l’un de ces cas :

  • une perte d’au moins 5 % du poids en un mois ;
  • une perte de 10 % du poids en six mois ;
  • une perte de 10 % par rapport au poids habituel.

Concrètement, 3 kg perdus en un mois chez une personne qui pèse 60 kg représentent déjà 5 %.

Pourquoi Alzheimer peut s’accompagner d’un amaigrissement

Pourquoi une personne mange-t-elle moins sans toujours s’en rendre compte ? Elle peut oublier de manger, croire qu’elle a déjà déjeuné, ne plus reconnaître un aliment ou ne plus savoir se servir de ses couverts.

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Une assiette contenant du riz et des morceaux de poulet avec des légumes est posée sur une table en bois, avec une cuillère, un verre d’eau et un bol de salade.

Les troubles prennent plusieurs formes.

L’appétit peut diminuer : la personne se désintéresse des repas, refuse certains plats ou laisse la moitié de son assiette. Un trouble de la déglutition apparaît quand elle garde les aliments en bouche, tousse, s’étouffe ou évite les textures difficiles à mâcher.

Une dépression, une douleur, une constipation, une bouche sèche ou un appareil dentaire mal ajusté peuvent aussi couper l’appétit. Ces causes se traitent souvent facilement, d’où l’intérêt de les chercher plutôt que d’attribuer chaque repas refusé à la maladie.

La perte d’autonomie complique aussi les courses, la préparation d’un repas ou le réchauffage d’un plat. L’isolement, la fatigue de l’aidant et une interruption des aides à domicile augmentent alors le risque de repas sautés.

Les inhibiteurs de la cholinestérase, une famille de médicaments qui comprend notamment la rivastigmine, sont parfois associés à une perte de poids. Ne stoppez jamais un traitement de vous-même : signalez l’amaigrissement au médecin, il pourra réévaluer la situation.

Quand la perte de poids devient un signal d’alerte

Toute perte de poids involontaire mérite une vérification. Vous remarquez des vêtements qui flottent ? Des assiettes laissées à moitié pleines ? Une baisse de forme ? Prenez rendez-vous avec le médecin traitant, même si le poids reste dans la norme.

Vérifiez ces points avant de consulter
Cochez ce qui s’applique à votre proche, pour préparer le rendez-vous avec le médecin traitant.

Chez une personne âgée, ce changement justifie un avis médical rapide.

Des repas réduits augmentent le risque de dénutrition.

Elle peut signaler un trouble de la déglutition et un risque de fausse route.

Ils diminuent les apports et peuvent entraîner une déshydratation.

Ce refus peut venir d’une douleur, d’une dépression, d’une constipation ou d’un effet indésirable de médicament.

Ce relevé montre ce que la balance ne dit pas.

Un inhibiteur de la cholinestérase peut être associé à une perte de poids : signalez-le au médecin sans arrêter le traitement.

Consultez rapidement si l’amaigrissement s’accompagne de :

  • une perte d’au moins 2 à 3 kg : chez une personne âgée, ce changement justifie un avis médical.
  • des repas réduits : manger moins de la moitié de ses habitudes pendant plusieurs jours augmente le risque nutritionnel.
  • une toux pendant les repas : elle peut signaler un trouble de la déglutition et un risque de fausse route.
  • des vomissements ou une diarrhée : ils diminuent les apports et peuvent entraîner une déshydratation.
  • des refus répétés de manger : ils peuvent traduire une douleur, une dépression, une constipation ou un effet indésirable.
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Une personne en surpoids peut elle aussi être dénutrie. Sa masse musculaire peut fondre alors que la balance affiche un poids élevé. Observez donc les repas et la force physique, en plus du poids.

Prévenir la dénutrition avec une surveillance adaptée

Un petit-déjeuner plus consistant apporte de l’énergie et des protéines dès le matin. Lait, yaourt, pain, œuf ou fromage font très bien l’affaire, et des flocons d’avoine peuvent aussi s’y ajouter.

Proposez aussi de l’eau, une tisane ou une boisson appréciée, régulièrement. N’attendez pas que la soif se manifeste.

Une personne saupoudre du fromage râpé sur un bol de purée, dans une cuisine.

Ajoutez un œuf ou du fromage râpé dans une purée, une omelette, des pâtes ou un gratin. Vous renforcez les protéines sans augmenter la part.

Le médecin ou le pharmacien peut proposer des compléments nutritionnels oraux. Il peut s’agir d’une crème, d’une boisson lactée ou d’un biscuit enrichi. Le choix se fait selon les goûts et la texture que la personne accepte.

Ne remplacez pas systématiquement les repas par des compléments. Ne modifiez pas seul un régime lié au diabète, à une insuffisance rénale ou à une difficulté à avaler. Un professionnel adapte les quantités et la texture à chaque situation.

Pendant quelques jours, notez :

  • ce qui est réellement mangé et bu
  • les aliments refusés
  • la durée du repas
  • les éventuelles toux ou fausses routes

Ce relevé montre ce que la balance ne dit pas.

Pesez la personne dans les mêmes conditions, idéalement une fois par mois à domicile. En établissement, la pesée est en général mensuelle. Elle devient plus rapprochée dès qu’une perte de poids ou un trouble alimentaire apparaît.

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Pensez aussi à la position. La personne doit être bien installée et assez éveillée pour manger et avaler en sécurité.

Les traitements demandent la même vigilance. Une perte d’appétit, des nausées ou un amaigrissement après un changement de dose doivent être signalés.

La prise de poids reste un sujet distinct dans les recherches sur Alzheimer

Le poids varie avant le diagnostic

Vous remarquez que le poids bouge ? Certaines études le montrent : la trajectoire change plusieurs années avant les premiers symptômes. La baisse s’accélère souvent à l’approche du diagnostic.

Cette association ne veut pas dire qu’une perte de poids annonce forcément Alzheimer. Elle peut venir d’une maladie encore silencieuse, d’une fragilité, d’une dépression, d’une autre pathologie ou de changements alimentaires liés à l’âge.

Certains travaux observent aussi une prise de poids avant le diagnostic, en lien avec l’évolution cognitive. Les résultats changent selon l’âge, le sexe, l’IMC de départ et les autres problèmes de santé. Rien ne permet donc de conseiller de prendre du poids pour prévenir la maladie.

Après le diagnostic, le poids se lit avec le contexte

Un amaigrissement peut aussi signaler une dénutrition, une infection, un trouble de la déglutition ou un effet indésirable. Le sens de la courbe ne suffit donc pas. Regardez aussi la masse musculaire, l’appétit, l’autonomie et l’état général.

Ne laissez pas passer une perte de poids : pesez votre proche chaque mois, notez ce qu’il mange, puis prenez rendez-vous avec le médecin traitant dès qu’il perd 2 à 3 kg ou mange nettement moins qu’avant. Pour les démarches d’accompagnement, un atelier mémoire peut aussi être une piste.

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