Depuis le 1er octobre 2026, deux plafonds de dépenses de santé ont augmenté : celui des franchises médicales et celui des participations forfaitaires. Pour un retraité qui organise son budget mensuel, l’enjeu dépasse le montant affiché : certaines retenues restent dues malgré la mutuelle, tandis qu’une protection sous conditions de ressources peut en dispenser. Il faut donc identifier la nature de la dépense avant de chercher une meilleure garantie. [1]
Le plafond augmente, pas le prix de chaque consultation
Les deux compteurs sont séparés. Le premier concerne la franchise : 1 € par boîte de médicament remboursée ou par acte paramédical, et 4 € par transport sanitaire concerné. Le second concerne la participation forfaitaire de 2 €, notamment pour une consultation médicale, un examen radiologique ou une analyse de biologie. Chacun peut désormais atteindre 70 € par personne et par année civile, contre 50 € auparavant. [1][3][4]
Le total possible passe ainsi de 100 à 140 €, soit 40 € de plus au maximum sur ces deux postes. Ce n’est ni une nouvelle cotisation ni une somme prélevée à chaque retraité. L’effet dépend des soins concernés et des exemptions. Relever un plafond change surtout la situation de ceux dont les retenues auraient atteint l’ancienne limite ; cela n’augmente pas le tarif unitaire des franchises ou des participations.
Ces 140 € ne plafonnent pas non plus tout le budget santé : dépassements d’honoraires, prestations non couvertes et cotisation de complémentaire suivent d’autres règles. Faire de ce chiffre une estimation complète des dépenses annuelles donnerait donc une fausse sécurité.
Une mutuelle plus chère n’efface pas toutes les retenues
Le ticket modérateur est la part de la base de remboursement que l’Assurance maladie ne paie pas, avant intervention éventuelle de la complémentaire. Franchise et participation forfaitaire sont d’autres retenues. Un contrat dit responsable, formule couramment commercialisée, ne rembourse pas ces dernières. Renforcer sa couverture peut servir pour d’autres dépenses, mais pas pour effacer ce coût précis. [2]
L’exemple d’une consultation à 30 € chez un généraliste de secteur 1, dans le parcours de soins et hors exonération, rend la différence visible. L’Assurance maladie verse 19 € après déduction des 2 € de participation. La complémentaire responsable couvre les 9 € de ticket modérateur. Les 2 € restent à payer, même si le remboursement atteint la base prévue par le contrat. [2]

Un pourcentage sur une garantie n’est d’ailleurs pas un pourcentage de toute la facture : il peut porter sur la base retenue par la Sécurité sociale. Pour comparer deux offres, la question utile est donc : quelle dépense identifiée sera mieux remboursée, pour quelle cotisation supplémentaire ? La seule hausse des plafonds ne suffit pas à justifier une montée en gamme.

Avec une ALD, une autre ligne du contrat peut compter
Depuis le même 1er octobre, les médicaments à service médical rendu faible, normalement remboursés à 15 %, ne bénéficient plus du remboursement à 100 % au seul titre d’une affection de longue durée (ALD). Les autres soins liés à l’ALD conservent leur principe de prise en charge à 100 %. Pour les médicaments concernés, la couverture de la part complémentaire dépend du contrat : c’est une question différente de la franchise, exclue des contrats responsables. [5]
Ce changement concerne les personnes et traitements répondant à ces critères, pas tous les retraités. En cas de difficulté à poursuivre un traitement, l’Assurance maladie invite à se tourner vers le médecin traitant. Une règle de remboursement ne constitue pas une consigne d’arrêt.
La C2S change le droit, pas seulement le niveau de garantie
Être retraité ne dispense pas, à lui seul, des participations et franchises ; une ALD ne suffit pas non plus. La Complémentaire santé solidaire (C2S), en revanche, en exonère ses bénéficiaires. Selon les ressources, cette couverture est gratuite ou comporte une participation financière. Elle couvre les soins dans les limites prévues, notamment celles des tarifs de la Sécurité sociale, sans rendre toute dépense librement choisie remboursable. [3][4][6]

Pour un budget contraint, examiner ce droit répond donc à une autre logique que souscrire une option plus protectrice. Service Public précise notamment que les bénéficiaires de l’Aspa et leur conjoint ont un accès facilité à la C2S payante sous condition d’absence d’activité durant les trois mois précédant la demande. Ce dispositif particulier n’est pas une attribution automatique à tous les retraités. [6]
Le tiers payant peut décaler la dépense sur un autre mois
Ne rien avancer chez le professionnel ne signifie pas qu’aucune retenue ne suivra. Avec le tiers payant, la caisse peut récupérer franchises et participations sur un remboursement ultérieur. Si aucun remboursement ne permet cette récupération, elle adresse un avis de sommes à payer. Pour tenir son budget, le relevé ameli permet de rattacher la retenue à la date et à la nature du soin plutôt qu’au seul mois où l’argent manque. [3][4]
Un avis peut aussi regrouper des sommes dues au titre des cinq années précédentes. Son montant peut alors dépasser le plafond d’une seule année sans que le tarif de chaque acte ait augmenté : les dates des soins et les années auxquelles les retenues se rapportent expliquent la différence. [3]
Sources et références
- Service Public — Plafonds annuels des franchises et participations, 16 septembre 2026 : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17166
- Service Public — Couverture maladie complémentaire, 1er octobre 2026 : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20314
- Assurance maladie — Participation forfaitaire de 2 €, 29 septembre 2026 : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/participation-forfaitaire-2-euros
- Assurance maladie — Franchise médicale, 29 septembre 2026 : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/franchise-medicale
- Assurance maladie — Médicaments à SMR faible prescrits pour une ALD, 30 septembre 2026 : https://www.ameli.fr/pharmacien/actualites/medicaments-smr-faible-prescrits-pour-une-ald-fin-d-exoneration-du-ticket-moderateur
- Service Public — Complémentaire santé solidaire : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F10027

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