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Rasonque reçoit un avis européen favorable contre le cancer du pancréas : après 65 ans, l’âge ne décide pas de tout

L’avis favorable du CHMP pour Rasonque ouvre une perspective après un premier traitement du cancer du pancréas métastatique. Après 65 ans, l’état général, les autres traitements et les priorités du patient comptent dans la discussion avec l’oncologue ; l’accès en France reste une étape distincte.

Scène illustrative d’échange entre un patient âgé et une proche autour d’un carnet et d’une boîte de médicament.

Une nouvelle option contre le cancer du pancréas peut susciter beaucoup d’attente lorsqu’un premier traitement n’a plus suffi. Le 15 octobre 2026, le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments a rendu un avis favorable à Rasonque, ou daraxonrasib. Il concerne les adultes atteints d’un adénocarcinome pancréatique métastatique, c’est-à-dire étendu à d’autres parties du corps, ayant déjà reçu au moins un traitement systémique, agissant dans l’ensemble de l’organisme. Pour une personne retraitée et ses proches, l’enjeu est de comprendre quelle place cette option pourrait prendre dans son parcours. [1, 2]

Une avancée mesurée après un traitement antérieur

L’avis s’appuie notamment sur un essai international de phase 3 mené auprès de 500 patients dont la maladie avait progressé après un traitement systémique. La survie globale médiane atteignait 12,4 mois avec Rasonque, contre 6,7 mois avec une chimiothérapie. La médiane partage chaque groupe en deux : la moitié des patients a vécu au-delà de cette durée, l’autre moins longtemps. Ce n’est ni une moyenne ni une durée promise à une personne. [1]

Le délai médian sans aggravation de la maladie était de 7,2 mois contre 3,6 mois. Ce second indicateur ne s’ajoute pas au premier. Les analyses reposent sur des données recueillies jusqu’au 15 juin 2026 pour la survie globale et jusqu’au 10 février 2026 pour la survie sans progression. Les documents de l’EMA ne donnent pas de résultat spécifique aux plus de 65 ans : on ne peut donc pas leur attribuer un bénéfice particulier.

Le daraxonrasib bloque l’activité des protéines RAS, impliquées dans la croissance et la survie des cellules cancéreuses. L’avis porte sur son utilisation seul, après un traitement antérieur. Il ne s’agit pas d’un traitement destiné indistinctement à toute personne ayant un cancer du pancréas. [1, 2]

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L’âge ne remplace pas l’examen de la situation réelle

La bonne question n’est pas seulement « suis-je trop âgé ? », mais « quel bénéfice peut-on attendre dans mon état actuel, avec quelles contraintes ? ». L’Institut national du cancer rappelle que même un âge de 75 ans ou plus est insuffisant pour évaluer l’état physiologique d’une personne. La retraite, à elle seule, ne renseigne ni sur sa fragilité ni sur son autonomie. [3]

L’évaluation peut prendre en compte les autres maladies et leur sévérité, les difficultés à marcher ou à accomplir les activités quotidiennes, l’alimentation, la mémoire et les conditions de vie. Une évaluation oncogériatrique plus approfondie peut aider lorsque la situation le justifie ; elle n’est pas une formalité imposée à tous les retraités ni un test d’accès propre à Rasonque.

Ces informations servent à adapter la prise en charge, pas à écarter une personne sur son année de naissance. Elles permettent aussi de préciser ce qui compte pour elle : préserver certaines activités, limiter une contrainte particulièrement pénible ou comprendre le bénéfice espéré avant de choisir. Une décision individualisée mérite davantage qu’une comparaison de chiffres de survie.

Femme âgée dans une place arborée en automne.

Les autres médicaments et l’alimentation entrent dans la discussion

Une ordonnance pour le cœur, le diabète ou une autre maladie ne constitue pas un détail extérieur au cancer. L’INCa inclut dans l’évaluation les médicaments au long cours, leurs indications et les risques d’interactions. Préparer la liste des traitements, y compris les prises ponctuelles et les compléments, donne à l’équipe une base concrète pour examiner les associations possibles. Cela ne revient pas à affirmer qu’une interaction particulière avec Rasonque est déjà établie. [3]

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Le poids et l’appétit ont également leur place dans l’échange. Le cancer du pancréas peut s’accompagner d’une perte d’appétit ou de poids ; l’INCa souligne l’importance de surveiller le poids pendant un traitement médicamenteux. Signaler une difficulté à manger aide à poser la question du soutien nutritionnel, plutôt que de la laisser au second plan derrière le nouveau médicament. [4]

Illustration d’un dossier, de médicaments, d’un carnet de rendez-vous et d’un téléphone pour évoquer la coordination du suivi.
Les traitements en cours et les modalités de contact avec l’équipe font partie de la préparation d’un traitement oral.

Des comprimés changent l’administration, pas le besoin de suivi

La voie orale a un intérêt concret : administrer ce médicament ne passe pas par une perfusion. Cela peut compter dans la manière d’organiser le quotidien. Mais un anticancéreux oral n’est pas un traitement anodin, et les documents européens ne permettent pas de promettre moins de déplacements ou une autonomie préservée.

Les effets indésirables les plus fréquents rapportés par l’EMA comprennent diarrhée, éruption cutanée, inflammation de la bouche, nausées et vomissements. La possibilité de prendre des comprimés doit donc se discuter avec les modalités de surveillance et la conduite à tenir si des symptômes surviennent. L’EMA prévoit une initiation par un médecin expérimenté dans les traitements anticancéreux ; les recommandations détaillées européennes accompagneront l’autorisation de mise sur le marché. [2]

Les proches peuvent préparer l’échange sans décider à la place du patient

Avec l’accord de la personne malade, un proche peut rassembler les ordonnances, noter les questions et aider à restituer ce qui a été expliqué. Sa présence permet aussi d’aborder les aides réellement disponibles à domicile. L’entourage fait partie des dimensions examinées en oncogériatrie, mais vivre seul ou être accompagné ne résume pas les capacités d’une personne. [3]

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Une question reste distincte de la décision médicale : quand ce traitement sera-t-il accessible en France ? L’avis du CHMP est une étape intermédiaire, avant la décision de la Commission européenne puis les décisions nationales de prix et de remboursement. Les sources européennes ne fixent ni date d’accès française ni prix. [1]

Un retraité échange avec une pharmacienne sur ses boîtes et son ordonnance.

Pour préparer un éventuel traitement oral, l’échange peut enfin porter sur des détails d’organisation : qui joindre en cas d’effet indésirable, comment transmettre une nouvelle ordonnance et quelle aide prévoir si la gestion des prises devient difficile. Ces questions permettent de définir le rôle souhaité de chaque proche et celui de l’équipe, sans faire de la famille le substitut du suivi médical.

Sources et références

Sources

  1. EMA — recommandation du CHMP pour Rasonque, 15 octobre 2026 — https://www.ema.europa.eu/en/news/ema-recommends-authorisation-rasonque-metastatic-pancreatic-cancer
  2. EMA — fiche de l’avis positif Rasonque, 15 octobre 2026 — https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/EPAR/rasonque
  3. INCa — L’évaluation gériatrique en cancérologie, mise à jour du 2 décembre 2025 — https://www.cancer.fr/professionnels-de-sante/l-organisation-de-l-offre-de-soins/oncogeriatrie/l-evaluation-geriatrique-en-cancerologie
  4. INCa — Cancer du pancréas : l’essentiel — https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/pancreas/comprendre-la-maladie/l-essentiel

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