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Dioxyde de titane dans les médicaments : que vérifier à la retraite sans désorganiser ses traitements quotidiens

Quand plusieurs traitements rythment la journée, apprendre qu’un excipient est interdit dans les aliments peut inquiéter. L’enquête sur le dioxyde de titane mérite une discussion sur les boîtes réellement prises, sans modifier seul son ordonnance.

Un retraité échange avec une pharmacienne sur ses boîtes et son ordonnance.

Un médicament pour une maladie chronique, un autre pris ponctuellement : à la retraite, les questions sur la composition peuvent concerner plusieurs boîtes. L’enquête de 60 Millions de consommateurs, publiée le 15 octobre, remet en lumière le dioxyde de titane, ou E171, présent dans certaines présentations. La démarche utile n’est pas de retirer les comprimés suspects, mais de faire examiner les références réellement utilisées. [1]

Une inquiétude à prendre au sérieux, sans retirer une prise du pilulier

Le dioxyde de titane est un pigment blanc et opacifiant. Il ne correspond pas à la substance active recherchée pour traiter la maladie. Il peut toutefois avoir une fonction dans la présentation : homogénéiser une couleur, faciliter l’identification ou protéger certains principes actifs contre la lumière. L’expression « simple excipient » ne décrit donc pas toujours correctement son rôle. [2]

Interdit dans l’alimentation ne signifie pas traitement interdit

L’Union européenne a retiré l’autorisation alimentaire du E171 en 2022, après une évaluation qui ne permettait pas d’exclure un problème de génotoxicité, une capacité à endommager l’ADN. L’usage dans les médicaments a été maintenu, puis réexaminé. Le document de la Commission d’août 2025 retient les contraintes de formulation et le risque de pénuries pour le conserver. [2, 3]

Ce document rapporte aussi que l’EMA a jugé le risque cancérogène lié à l’exposition pharmaceutique négligeable sur les données examinées, compte tenu des faibles quantités et de la qualité utilisée. Il précise que l’analyse portait sur un ensemble limité de données et non sur une revue exhaustive. Il ne s’agit ni d’une alerte demandant aux patients d’arrêter leurs traitements, ni d’une preuve de risque nul. [2]

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Pour une personne qui prend un médicament au long cours, la question doit conserver les deux côtés de la décision : l’inquiétude suscitée par le composant et l’utilité du traitement prescrit. La présence d’un excipient ne permet pas de décider seul qu’une ligne d’ordonnance peut être supprimée.

Apporter ses boîtes, repérer la composition et en discuter avec le pharmacien sans arrêter ou remplacer seul un traitement.

Plusieurs boîtes ne donnent pas un calcul d’exposition

Il peut être tentant d’additionner les comprimés quotidiens pour estimer ce que l’on absorbe. Mais le dosage inscrit en milligrammes sur la boîte concerne la substance active, pas nécessairement la quantité de dioxyde de titane. Deux présentations peuvent également utiliser le pigment à des endroits différents. Compter les prises ne donne donc pas une masse de TiO₂, encore moins un pourcentage de risque personnel.

L’enquête de 60 Millions montre notamment que certaines différences entre dosages s’expliquent par la couleur d’un enrobage ou la lisibilité d’une inscription. Choisir une autre dose parce qu’elle ne contient pas ce composant ferait passer une question d’excipient avant la quantité de médicament prescrite. Les exemples du magazine ne sont pas des propositions de substitution. [1]

Préparation de l’ordonnance et des références de boîtes pour un échange avec le pharmacien.

Préparer un échange simple avec le pharmacien

Pour aborder le sujet sans tout reconstituer de mémoire, vous pouvez apporter :

  • L’ordonnance en cours, y compris celles d’autres prescripteurs si plusieurs traitements sont suivis.
  • Les boîtes réellement utilisées ou leurs références complètes, avec le laboratoire, le dosage et la forme.
  • La liste des prises ponctuelles et des compléments, pour ne pas limiter l’échange aux seuls renouvellements habituels.

La question peut rester très concrète : « Cette présentation contient-elle du dioxyde de titane ? S’il existe une autre composition, convient-elle bien à mon traitement ? » Le pharmacien dispose alors d’un produit précis à examiner, plutôt que d’une demande de remplacer tout ce qui est blanc. Ne changez pas seul les doses, les horaires ou les médicaments pour éviter cet excipient.

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Si vous préparez les prises avec un proche, gardez une correspondance claire entre chaque boîte et la ligne d’ordonnance concernée. Une présentation différente ne doit pas être interprétée comme un traitement supplémentaire ou comme une nouvelle consigne de prise.

La Base de données publique des médicaments permet de retrouver les documents officiels par nom de médicament ou substance active. Pour une lecture sur papier ou avec le pharmacien, c’est la notice de la présentation exacte qui fournit le repère de composition : une fiche d’un autre laboratoire ou d’un autre dosage ne décrit pas automatiquement la boîte à la maison. [4]

Sources et références

[1] 60 Millions de consommateurs — Enquête d’Adélaïde Robert, 15 octobre 2026. https://www.60millions-mag.com/sante-bien-etre/article/medicaments-pourquoi-cet-additif-suspect-se-trouve-dans-certaines-boites-et-pas-dautres-20261015/

[2] Commission européenne — SWD(2025) 244 final, 4 août 2025. https://health.ec.europa.eu/document/download/34542b69-8507-4fc2-b106-bd15b481e40d_en

[3] EFSA — Évaluation du dioxyde de titane comme additif alimentaire, 6 mai 2021. https://www.efsa.europa.eu/fr/news/titanium-dioxide-e171-no-longer-considered-safe-when-used-food-additive

[4] Ministère de la Santé / ANSM — Base de données publique des médicaments. https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/

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