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Cadmium à Saint-Malo : manger les légumes de son jardin ou y vivre depuis 10 ans, les situations qui changent le dépistage

Des sols chargés en cadmium ont été signalés à Saint-Malo, jusque dans des secteurs résidentiels. Pour un retraité qui cultive ses légumes ou vit depuis longtemps près d’un site concerné, les questions utiles portent sur les usages du jardin et la durée de séjour, pas sur le seul âge.

Scène illustrative de jardinage et de récolte dans un potager familial.

À Saint-Malo, les jardins font partie de la question sanitaire

L’enquête publiée le 15 octobre par Splann ! décrit plusieurs points de prélèvement chargés en cadmium à Saint-Malo, notamment dans le secteur de la rue Hochelaga et près de l’hôpital. Les analyses ont été engagées à l’initiative de médecins de la communauté professionnelle territoriale de santé. L’un des enjeux soulevés est très concret : certaines habitations proches disposent de jardins ou de bacs où des végétaux peuvent être cultivés pour être consommés. [1]

Ce lien entre terre, culture et assiette explique pourquoi le dossier ne se réduit pas à la distance qui sépare une maison du port. Le même lieu peut correspondre à des pratiques différentes. Résider à proximité et manger régulièrement ce qui pousse sur un sol concerné ne donnent pas les mêmes informations au médecin. Il faut décrire le lieu et ses usages plutôt que se reconnaître dans une catégorie générale de « riverains ».

Le 16 octobre, l’ARS Bretagne déclarait au Pays Malouin ne pas recommander de restriction particulière ni de dépistage systématique à partir des données reçues. Elle indiquait ne pas avoir tous les prélèvements et travailler avec les collectivités à une nouvelle étude. Un dosage individuel reste possible lorsqu’un médecin l’estime justifié. Il n’est donc pas établi qu’une interdiction de consommer les légumes des jardins ait été décidée à Saint-Malo. [2]

Ce que la HAS regarde : les végétaux consommés et le temps passé sur place

La recommandation de la Haute Autorité de santé consacrée aux lieux de résidence tient compte de la teneur du sol en cadmium, exprimée en mg par kg de matière sèche. Au repère de 0,5 mg/kg, elle vise notamment les personnes qui consomment les végétaux de jardins individuels ou de cueillette sur le site, ainsi que certains comportements favorisant l’ingestion de terre. Il s’agit d’une combinaison entre une pollution du milieu et une manière d’y être exposé. [3]

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Au repère de 1 mg/kg, la HAS ajoute notamment les enfants de moins de 7 ans et les personnes ayant cumulé au moins 10 ans de séjour sur le site, ou 5 ans lorsque ce séjour a commencé avant 7 ans. La durée mentionnée est celle passée sur le lieu concerné : elle ne se confond pas avec le nombre d’années de retraite.

Usages du potager, durée de séjour et situation médicale guident l’évaluation.
La durée réelle d’exposition importe davantage que le seul statut de retraité.

Pour un lecteur installé depuis longtemps dans le même logement, cette nuance est importante. Une date d’arrivée, des périodes de présence ou une habitude ancienne de récolte apportent des éléments à l’évaluation. Le statut professionnel, lui, ne permet de connaître ni la concentration du jardin ni ce que la personne a réellement absorbé.

Un résultat dans la terre ne se lit pas comme une analyse d’urine

Les valeurs malouines demandent aussi une attention à la méthode. Le chercheur interrogé par Splann explique que les premières analyses portaient sur le cadmium bioassimilable, une fraction susceptible de franchir les barrières digestives. La méthode diffère de celle sur laquelle reposent les repères HAS. Des essais sur 13 échantillons ont ensuite donné en moyenne des résultats plus élevés avec l’autre technique. Ce constat n’autorise pas à doubler arbitrairement chaque valeur du quartier. [1]

Il reste ensuite une autre mesure à faire, lorsqu’elle est indiquée : le dosage urinaire du cadmium, qui renseigne sur l’imprégnation de l’organisme. La HAS décrit une interprétation selon l’âge et les résultats successifs. Une analyse du sol ne donne pas ce résultat à la place du laboratoire ; elle aide à discuter l’intérêt du dépistage et les expositions à réduire. [3]

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Un couple autour d’un repas varié avec des légumes et des légumes secs.

Protéger les usages sans transformer le potager en interdit général

Pour les personnes concernées par un sol pollué, la HAS recommande de limiter la consommation de légumes du jardin ou de végétaux issus de la cueillette locale et de varier les origines des aliments. Cette recommandation est liée à une situation d’exposition : elle ne signifie pas que tous les potagers français sont contaminés. À Saint-Malo, la délimitation des zones et les données disponibles restent donc essentielles pour rendre les conseils opérationnels. [3]

Les poussières comptent également dans la prévention. Lorsqu’une personne vit ou séjourne sur un site concerné avec des enfants de moins de 7 ans, la HAS recommande notamment de limiter l’ingestion de terre et de poussières, de laver fréquemment les mains et le visage des petits, et de nettoyer les surfaces avec un linge humide plutôt que de balayer à sec. Un grand-parent qui les accueille peut être concerné par ces gestes sans que l’enfant ou lui-même ait reçu un diagnostic d’intoxication. [3]

Lavage des mains après une activité de jardinage, en illustration.

Les informations à réunir pour une consultation utile

Le dossier utile au médecin ne se résume pas à une coupure de presse. Pour décrire une exposition possible, il peut comprendre :

  • l’adresse du lieu concerné et les résultats d’analyses du terrain s’ils sont disponibles ;
  • les années et périodes de séjour sur place ;
  • les légumes ou végétaux cultivés et la fréquence à laquelle ils sont consommés ;
  • les autres expositions connues, notamment le tabagisme ou une activité professionnelle passée au contact de cadmium.
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La suite dépend du résultat et du contexte médical. Dans son cadre de prise en charge, la HAS prévoit notamment une recherche d’effets rénaux lorsque le cadmium urinaire dépasse 1 µg/g de créatinine, et une recherche de déminéralisation osseuse dans certaines situations, dont un âge d’au moins 60 ans. Ce sont des repères de bilan après évaluation de l’imprégnation, pas une liste d’examens imposée à tous les retraités. [3]

Sources et références
  1. Splann !, enquête sur la pollution au cadmium à Saint-Malo, 15 octobre 2026. https://splann.org/saint-malo-pollution-cadmium/
  2. Le Pays Malouin / actu.fr, réponse de l’ARS Bretagne, 16 octobre 2026. https://actu.fr/bretagne/saint-malo_35288/que-disent-les-analyses-de-cadmium-dans-les-sols-de-saint-malo-lars-repond-enfin_64936983.html
  3. Haute Autorité de santé, dépistage et suivi des personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3367010/fr/depistage-prise-en-charge-et-suivi-des-personnes-potentiellement-surexposees-au-cadmium-du-fait-de-leur-lieu-de-residence

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