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La tisane Zézépagnon présentée à un congrès : pourquoi les résultats annoncés ne la transforment pas en traitement autorisé

Présentés en octobre à Abidjan, les résultats sur Zézépagnon concernent des extraits testés sur cellules et une exposition unique chez la souris. L’origine végétale de la tisane et cette annonce ne remplacent ni des preuves chez les patients ni une autorisation.

Collage dessiné d’une adulte lisant une information de santé, avec un laboratoire stylisé en arrière-plan.

Une tisane à base de plantes peut-elle devenir une option contre le cancer parce que des résultats ont été présentés à un congrès ? Le cas Zézépagnon remet cette question au premier plan. Dans une communication datée d’octobre 2026, la Direction scientifique MAPA, qui promeut le produit, rapporte des travaux exposés le 14 octobre à Abidjan sur des cellules cancéreuses et sur la toxicité aiguë chez la souris. Pour un lecteur retraité comme pour ses proches, l’enjeu est de ne pas confondre origine végétale, résultat expérimental et autorisation de traitement. [1]

« À base de plantes » décrit une origine, pas une efficacité

MAPA présente Zézépagnon comme une tisane composée de plusieurs plantes médicinales. Cette description dit de quel type de préparation il s’agit. Elle ne répond pas, à elle seule, à la question qui intéresse une personne malade : quel effet a-t-elle sur un cancer chez l’être humain, et avec quelle sécurité d’emploi ? [1]

Il n’y a pas à choisir entre prendre au sérieux la recherche sur les plantes et demander des preuves. C’est précisément la préparation étudiée et le résultat mesuré qui comptent. Une activité observée dans un laboratoire peut justifier des investigations supplémentaires sans fournir déjà une solution de soin.

La communication d’octobre réunit trois volets qui répondent à des questions différentes :

  • Les contrôles de qualité portent sur les caractéristiques des échantillons analysés.
  • Les expériences cellulaires recherchent une activité dans des cultures de laboratoire.
  • Le test de toxicité aiguë observe les effets d’une exposition unique chez la souris.

Les ranger ensemble sous l’étiquette « scientifiquement testé » masque ces différences. Aucun de ces volets ne constitue, dans les résultats présentés, un essai clinique contrôlé démontrant un bénéfice pour des patients. [1]

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La préparation du laboratoire change le sens de l’annonce

Le mot « tisane » évoque une boisson. Pourtant, la synthèse de l’intervention de Richard Sawadogo publiée par MAPA précise que les résultats exposés concernent un extrait obtenu par macération méthanolique, ensuite préparé pour les essais. Le document mentionne aussi une décoction, mais indique que les résultats présentés sont ceux de la macération. Cette précision provient d’une transcription automatique éditée par le site du promoteur. [1]

Autrement dit, les données mises en avant ne décrivent pas l’effet d’une tasse bue par une personne. L’extrait et les conditions du test font partie du résultat. Les remplacer mentalement par une consommation quotidienne reviendrait à tirer une conclusion sur une exposition qui n’a pas été évaluée de cette manière.

Schéma distinguant origine végétale, résultats expérimentaux et autorisation réglementaire d’une préparation.
Origine de la préparation, résultats d’essais et décision réglementaire répondent à des questions différentes. La note AIRP concerne la Côte d’Ivoire. [1, 2]

Les valeurs annoncées portent sur la viabilité de cellules de cancer du côlon, du sein et de la prostate cultivées en laboratoire. Pour le modèle de prostate, MAPA rapporte une baisse de viabilité supérieure à 50 % à une concentration d’extrait de 50 microgrammes par millilitre. Ce pourcentage n’est ni un taux de guérison ni une réduction de tumeur constatée chez un patient. Il n’indique pas davantage une quantité à consommer. [1]

La souris apporte une information sur l’exposition unique

Un autre résultat peut sembler rassurant à première lecture : selon la communication MAPA, aucun signe de toxicité aiguë ni décès n’a été observé chez des souris pendant les 14 jours suivant une administration unique de 2 000 mg/kg. Le mot déterminant est ici « unique ». L’expérience renseigne sur une exposition ponctuelle dans ce modèle animal, pas sur une consommation prolongée chez l’être humain. [1]

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Le promoteur annonce d’ailleurs des travaux à doses répétées, sur 28 jours ou davantage. Il s’agit d’une suite prévue, non d’un résultat déjà disponible. La mesure sur les cellules cancéreuses et l’observation des souris ne s’additionnent donc pas pour former une preuve d’efficacité et d’innocuité humaines.

Rien dans ces résultats ne permet non plus d’isoler un effet chez les retraités. La retraite caractérise le lecteur, pas les cellules ou les animaux étudiés. L’annonce ne décrit pas une population de personnes âgées traitées, et ne fournit ni bénéfice ni risque particulier à leur attribuer.

Scène illustrative d’échange entre un patient âgé et une proche autour d’un carnet et d’une boîte de médicament.

La note ivoirienne du 14 septembre porte sur le droit de commercialiser

Avant cette présentation d’octobre, l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) avait publié une note d’information datée du 14 septembre 2026. Elle y indiquait que les produits Zézépagnon ne disposaient pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Sur le territoire ivoirien, leur fabrication, leur importation, leur distribution, leur vente et leur promotion sont interdites par cette note. L’AIRP recommande aussi à la population de s’abstenir de les acheter et de les consommer. [2]

Cette portée géographique compte : il s’agit d’une décision du régulateur ivoirien, pas d’une loi française. Mais la chronologie compte tout autant. Une communication scientifique postérieure n’est pas une décision réglementaire levant une interdiction. Le fait d’exposer des travaux dans un congrès ne donne pas automatiquement une autorisation au produit étudié.

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Les contrôles de qualité annoncés par MAPA doivent également rester à leur place. Le promoteur rapporte que les échantillons satisfont aux spécifications évaluées. Un contrôle sur des échantillons répond à une question de qualité dans le périmètre de ces analyses. Il ne remplace ni une démonstration de bénéfice clinique ni une AMM. [1]

Dessin de mains autour d’un téléphone et d’un carnet lors d’un échange sur une information de santé.
Scène illustrative d’échange autour d’une information, pas témoignage de patient ni consultation.

La demande d’autorisation reste une démarche à engager

La synthèse des échanges du congrès mise en ligne par MAPA indique elle-même que Zézépagnon n’est pas enregistré et qu’il revient aux promoteurs d’engager la procédure, de réaliser les essais requis et de déposer une demande d’AMM. Ce sont des démarches encore à accomplir selon ce compte rendu, distinctes du fait que des expériences ont été présentées. [1]

Sources et références

[1] Direction scientifique MAPA, communiqué d’octobre 2026 et synthèse éditée de l’intervention du 14 octobre
https://zezepagnon.com/index.php?page=recherche

[2] AIRP, note d’information n° 2906 du 14 septembre 2026
https://api.airpdigital.com/storage/documents/Note%20d%27Information%20AIRP%20N%C2%B0%202906_ZEZEPAGNON%20%20a%CC%80%20diffuser.pdf

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