11 rue Aristide Briand - 01000 Bourg-en-Bresse

Que faire si une personne âgée refuse la maison de retraite ?

Une femme jeune et une personne âgée assises devant une grande baie vitrée, regardant le paysage avec mélancolie.
Sommaire

Que faire quand votre parent refuse d’entrer en maison de retraite ?

Vous vous inquiétez peut-être pour sa sécurité, sans vouloir lui imposer une décision. Vous pourrez mieux comprendre son refus et trouver comment avancer en respectant sa volonté.

Refuser l’EHPAD : commencer par comprendre ce qui se joue

Comprendre le refus

Un refus d’EHPAD ne veut pas toujours dire que votre proche refuse toute aide. Il peut craindre de perdre son domicile, ses habitudes, son animal, ses voisins ou le droit de décider pour lui-même.

Avant de parler d’une admission, cherchez ce qui bloque. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

  • La peur de l’institution : votre proche imagine un lieu impersonnel, des horaires rigides ou une intimité réduite.
  • L’attachement à son logement : la maison concentre ses souvenirs et ses repères, et représente son indépendance.
  • Le coût : il redoute de ne pas pouvoir payer ou de faire supporter la dépense à ses enfants.
  • Des troubles cognitifs : la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée peut changer sa perception des risques, de ses besoins et des changements proposés.
  • Une dépression : le refus de soins, l’isolement, la perte d’intérêt ou la négligence de soi peuvent signaler une souffrance psychique.
  • Le besoin de décider : dire non peut être, à ses yeux, l’un des rares choix qu’il maîtrise encore.
Une femme âgée assise dans un fauteuil caresse un chat endormi sur ses genoux, près d’une cheminée allumée.

Ne limitez pas la discussion au choix entre l’EHPAD et le domicile. Demandez à votre proche ce qu’il veut garder : sa chambre, son chat, ses repas, ses visites, son quartier ou la liberté de sortir. Ces repères peuvent aider à trouver une solution, même si un établissement devient nécessaire.

Dialoguer sans braquer

Choisissez un moment calme et parlez en petit comité. Si toute la famille se réunit pour convaincre votre proche, il peut se sentir coincé et tenir encore plus à son refus.

Vous pouvez lui demander ce qui l’inquiète, ce qu’il veut continuer à faire chez lui et quelle aide il accepterait d’essayer en premier.

  • « Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans cette idée ? »
  • « Qu’aimeriez-vous continuer à faire chez vous ? »
  • « Quelle aide accepteriez-vous d’essayer en premier ? »

Laissez-le finir, puis dites avec vos mots ce que vous avez compris avant de présenter vos arguments. Par exemple : « Vous craignez qu’on choisisse pour vous et que vous ne puissiez plus sortir. » Vous montrez ainsi que vous entendez sa crainte, sans l’écarter d’emblée.

Avancez par petites étapes et proposez une option à la fois. Vous pouvez faire évaluer le logement ou proposer un déjeuner dans une résidence autonomie.

Parlez d’abord des besoins pratiques, pas de « placement ». Votre proche acceptera peut-être plus facilement une aide à la toilette, des repas livrés ou un dispositif d’alerte. Vous pourrez parler du départ définitif plus tard. Le but est de trouver un accord, pas de gagner un bras de fer familial.

Consentement : qui peut décider d’une entrée en EHPAD ?

Une femme âgée tenant une tasse et une autre femme échangent assises sur un canapé dans un salon lumineux.

Si votre proche comprend sa situation, il choisit où vivre et prend part à la décision. Pour dire oui en connaissance de cause, il doit recevoir une information adaptée et en comprendre les effets. Il doit aussi pouvoir décider librement. Il peut changer d’avis.

Lire aussi :  Téléassistance médicale : définition et fonctionnement essentiels

Vous pouvez conseiller et soutenir votre proche, ou signaler une difficulté. Mais être son enfant, son conjoint ou son aidant ne vous autorise pas à signer à sa place. Une procuration bancaire, le statut de personne de confiance ou celui d’aidant ne vous permet pas non plus de choisir son lieu de vie.

La personne de confiance peut aider votre proche dans ses démarches. Si celui-ci ne peut plus exprimer sa volonté, elle peut parfois être consultée. Elle ne devient pas pour autant son représentant légal et ne peut pas imposer son admission.

Une mesure de protection ne lui retire pas tous ses droits. Avec une curatelle, votre proche reçoit de l’aide pour certains actes. Sous tutelle, le tuteur peut le représenter pour les décisions concernées. Dans les deux cas, il faut tenir compte de son avis et de sa volonté, selon ses capacités.

En principe, votre proche choisit lui-même où vivre. En cas de désaccord ou de difficulté, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. Le tuteur ou la personne habilitée doit agir dans son intérêt, pas pour régler une querelle familiale ou gérer ses biens plus facilement.

Une mesure de protection ne permet donc pas de passer vite outre un refus. Le juge étudie la situation personnelle, médicale et familiale. Il peut entendre votre proche chez lui, à l’hôpital ou dans un établissement.

L’établissement vérifie qu’il peut bien accompagner votre proche. Le responsable décide de son admission après avoir demandé l’avis du médecin coordonnateur. Une place sur liste d’attente ne garantit donc pas l’admission.

Quelles solutions envisager si la personne veut rester chez elle ?

Aides et soins à domicile

Pour rester chez vous, il faut évaluer vos besoins et organiser les aides. L’APA à domicile aide à payer les dépenses du quotidien si vous avez 60 ans ou plus et êtes classé en GIR 1 à 4.

Selon la situation, le plan d’aide peut comprendre :

  • une aide à la toilette, à l’habillage ou aux repas ;
  • la livraison de repas ;
  • la téléassistance ;
  • des travaux pour adapter le logement ;
  • un relais à domicile pour permettre à l’aidant de souffler.

Votre médecin traitant peut prescrire des soins infirmiers, une hospitalisation à domicile ou l’aide d’un professionnel adapté. Il peut aussi vérifier si une douleur, une infection, un effet secondaire de médicament, une dépression ou des troubles cognitifs plus graves expliquent le refus.

Une douche à l’italienne carrelée est équipée d’un siège rabattable, de barres d’appui, d’une douchette et d’un rideau blanc.

Quelques aménagements peuvent limiter les risques sans déménager. Vous pouvez, par exemple, faire poser des barres d’appui et un siège dans la douche, ou installer une serrure ou un système d’alerte adapté.

Autres modes d’accueil

Avec l’accueil de jour, votre proche reste chez lui et passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure dédiée ou un EHPAD. Il y trouve des activités adaptées, des repas et un accompagnement personnalisé. Vous pouvez profiter de ce temps pour vous reposer.

Un hébergement temporaire peut répondre à un besoin ponctuel ou vous aider à tester la vie en établissement. Vous pouvez l’envisager après une hospitalisation ou pendant vos vacances.

Comment réagir concrètement au refus ?

Organiser la démarche

Pendant quelques jours, consignez des faits précis :

  • chutes
  • médicaments oubliés
  • repas sautés
  • nuits difficiles
  • sorties dangereuses
  • erreurs financières
  • périodes où la personne reste seule

Ces faits vous aident à parler de la situation avec des exemples concrets.

Passer à l’action

Une soignante souriante, vêtue d’une tenue bleu marine et portant un sac, serre la main d’une femme âgée assise dans un fauteuil, dans un salon lumineux.

Proposez un essai de durée limitée et fixez une date pour en reparler. Vous pouvez commencer par deux passages d’aide à domicile par semaine pendant quinze jours, puis proposer un accueil de jour chaque mardi. Votre proche pourra donner son avis et l’organisation pourra évoluer.

Si la personne ne comprend plus les risques ou ne peut plus prendre une décision claire, demandez un avis médical. Les troubles cognitifs peuvent varier et ne retirent pas automatiquement le droit de décider. Le professionnel doit continuer à chercher son accord et adapter ses explications.

Si vous commencez à vous épuiser, demandez du soutien. L’APA peut financer des temps de répit : accueil de jour, hébergement temporaire ou aide à domicile. Ce soutien peut éviter une rupture brutale de l’organisation à domicile.

Ce qu’il faut vérifier : sécurité, aides et coût

Sécurité et évaluation

Une femme âgée appuyée sur une canne écoute une autre femme qui lui indique un escalier dans une maison lumineuse.

N’attendez pas une nouvelle chute pour examiner les risques du quotidien.

Les risques à vérifier au quotidien

  • Vérifiez l’accès aux toilettes.
  • Vérifiez l’usage de la cuisson et du chauffage.
  • Vérifiez la prise des médicaments.
  • Vérifiez les déplacements la nuit.
  • Vérifiez les clés et les escaliers.
  • Vérifiez l’accès au téléphone.
  • Vérifiez la capacité de votre proche à réagir en cas de problème.

Un professionnel peut observer le logement et proposer des aménagements. Le médecin peut aussi vérifier la vue, l’audition et l’équilibre. Il peut contrôler l’alimentation, la douleur et les traitements. Une difficulté corrigée peut parfois expliquer une perte d’autonomie rapide.

Notez les numéros utiles, les traitements, les allergies, les personnes à prévenir et les consignes en cas de chute. Laissez la fiche dans un endroit que votre proche connaît. Remettez-en une copie aux intervenants autorisés.

Vérifiez que les aides sont prévues la nuit, le week-end, pendant les vacances et quand les proches sont absents. Sans cela, votre proche peut rester plusieurs jours sans soutien.

Avant d’envisager une entrée en EHPAD
Quelques points pour avancer avec votre proche, sans décider à sa place.

La peur de perdre ses repères, l’isolement ou le coût peuvent expliquer son refus.

Il peut ainsi exprimer ses préférences et se faire une idée concrète des solutions.

Un médecin ou un professionnel de l’accompagnement peut aider à examiner les besoins et le logement.

Ces options peuvent permettre de répondre à certains besoins sans déménager.

Un essai peut aider à découvrir une solution avant de prendre une décision plus durable.

Les aides financières et le reste à payer varient selon la situation.

La situation et les besoins peuvent évoluer, et la personne peut changer d’avis.

Des difficultés à comprendre les risques ne retirent pas automatiquement le droit de décider.

En cas de disparition, de blessure grave, de confusion soudaine ou d’absence de réponse, appelez le 15 ou le 112. Si vous soupçonnez des violences, une négligence grave ou un abus financier, appelez le 3977. Au besoin, contactez aussi la police ou la gendarmerie.

Lire aussi :  Comment arrêter la curatelle ? Démarches et recours

Aides et reste à charge

À domicile, l’APA finance une partie des dépenses prévues dans le plan d’aide. Ce qui reste à payer dépend du plan accordé, des ressources de la personne et du prix des intervenants.

En EHPAD, la facture comprend surtout l’hébergement et le tarif dépendance. L’Assurance maladie prend en charge les soins médicaux quotidiens. Ils ne sont pas facturés au résident de la même façon.

L’APA en établissement, l’APL ou l’ALS et l’ASH peuvent réduire la facture.

  • L’APA en établissement participe au tarif dépendance pour les personnes en GIR 1 à 4.
  • L’APL ou l’ALS peut réduire le coût de l’hébergement, selon les conditions applicables.
  • L’ASH peut couvrir une partie ou la totalité des frais d’hébergement dans un établissement habilité, sous certaines conditions.

Pour estimer le reste à payer, comptez les revenus de la personne, son niveau de dépendance, le tarif de l’établissement, l’aide au logement et l’APA. Le comparateur national estime les frais mensuels de certains EHPAD, mais son calcul standard ne comprend pas l’ASH.

Ne regardez pas seulement le prix affiché : demandez ce qu’il couvre. La chambre, les repas, le linge, les produits d’hygiène, la télévision, le téléphone, la coiffure, le transport et les options peuvent être facturés différemment.

Deux établissements au tarif proche n’incluent pas forcément les mêmes services.

Si votre parent ne peut pas subvenir à ses besoins, vous pouvez être concerné par l’obligation alimentaire. Votre contribution dépend de vos ressources et de vos charges. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales peut être saisi.

L’ASH peut aussi tenir compte de la part payée par les obligés alimentaires. Dans certains cas, elle peut être récupérée, notamment sur la succession. Avant une décision financière ou la vente d’un bien, demandez une estimation précise des conséquences.

Dès maintenant, choisissez un moment calme pour demander à votre proche ce qui l’inquiète et quelle aide il accepterait d’essayer. Notez sa réponse, proposez un essai limité, puis fixez ensemble une date pour faire le point, sans décider à sa place.

Foire aux questions

Qui paie la maison de retraite si la personne âgée n’a pas d’argent ?

La personne âgée contribue d’abord avec ses revenus. Si les conditions sont remplies et que l’établissement est habilité, l’aide sociale à l’hébergement (ASH) peut prendre en charge une partie de la facture ; les obligés alimentaires peuvent aussi être sollicités selon leurs ressources et leurs charges.

Les petits-enfants doivent-ils payer l’EHPAD de leur grand-parent ?

Non, les petits-enfants ne sont pas automatiquement tenus de payer la facture. L’obligation alimentaire concerne principalement les enfants et, dans les conditions prévues par la loi, les gendres et belles-filles.

Peut-on changer d’EHPAD après une admission ?

Oui, vous pouvez demander un changement si la prise en charge, le coût ou l’environnement ne conviennent plus. Il faut généralement déposer un nouveau dossier d’admission et préparer la sortie avec l’établissement actuel, le médecin et les proches concernés.

Qui contacter quand la famille ne parvient plus à se mettre d’accord ?

Vous pouvez demander une médiation familiale, solliciter le médecin traitant ou contacter un CLIC. Dans l’Ain, les CLIC accueillent gratuitement les personnes âgées et leurs proches pour clarifier les besoins, les aides et les solutions possibles.

← Tous les articles du blog

En partenariat avec les communes et les CLIC du département