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Racheter un trimestre en 2026 : au bout de combien d’années de retraite est-il remboursé ? Entre 15 et 23 ans à 62 ans selon vos revenus

Un trimestre manquant coûte 1,83 % de retraite de base à vie. Le racheter en 2026 coûte jusqu'à 6 684 € à 62 ans, voire plus pour les revenus intermédiaires : selon nos calculs sur le barème officiel, il faut 15 à 23 ans de retraite pour récupérer la somme.

Un homme d'une soixantaine d'années aux cheveux poivre et sel, lunettes et pull bleu marine, assis à une table de salle à manger, tient une calculatrice et un stylo au-dessus de feuilles imprimées ; une femme aux cheveux gris courts se penche à côté de lui pour les regarder.
Calculatrice en main, un couple de sexagénaires épluche ses papiers de retraite : en 2026, un trimestre racheté à 62 ans coûte au moins 5 013 € et met de 15 à 23 ans à être remboursé, selon les revenus.

Il manque un trimestre sur le relevé de carrière, et le départ approche. Partir quand même coûte une décote définitive sur la retraite de base. Racheter ce trimestre coûte, en 2026, de 4 416 € à 55 ans à 6 684 € à 62 ans selon les revenus, et parfois davantage pour les revenus intermédiaires, d’après le barème officiel de l’Assurance retraite. [1] La vraie question est donc celle du délai : combien d’années de retraite faut-il pour récupérer la somme versée ? Nous avons fait le calcul avec ce barème, pour trois niveaux de revenus.

Un trimestre manquant retire 1,83 % de retraite de base, à vie

À l’âge légal, chaque trimestre manquant pour le taux plein déclenche une décote de 1,25 % : le taux de calcul de la retraite de base passe de 50 % à 49,375 %. [2] Ce trimestre manque aussi dans la part de carrière retenue, calculée sur la durée exigée pour sa génération. Pour une personne née en 1964, qui doit réunir 170 trimestres, la retraite est donc calculée sur 169/170e. [3] Les deux effets s’additionnent : avec un seul trimestre manquant, la retraite de base baisse de 1,83 %, pour toute la durée de la retraite.

Le rachat, appelé « versement pour la retraite », sert à combler ce trou. Il porte sur les années d’études supérieures ou sur les années de travail qui ont validé moins de quatre trimestres, dans la limite de 12 trimestres, et se demande à partir de 20 ans et avant 67 ans. [4] [6] Deux options existent :

  • le taux seul efface la décote, sans ajouter le trimestre à la part de carrière retenue ;
  • le taux et la durée d’assurance corrige les deux, et coûte plus cher.

Pour un seul trimestre manquant, c’est cette seconde option qui rend les 1,83 % perdus. Une limite à connaître avant d’acheter : les trimestres rachetés ne comptent pas pour un départ anticipé, notamment pour carrière longue. [6]

Le barème 2026 : un prix qui dépend de l’âge et des revenus

Le prix d’un trimestre dépend de l’âge au moment de la demande, de l’option choisie et de la moyenne des revenus d’activité ; le simulateur de l’Assurance retraite demande les trois derniers revenus annuels. [1] [5] Trois tranches sont prévues, calées sur le plafond de la Sécurité sociale au 1er janvier de l’année de la demande : moins de 36 045 €, de 36 045 € à 48 060 €, et plus de 48 060 € par an en 2026. [1]

Âge à la demandeMoins de 36 045 €36 045 € à 48 060 €Plus de 48 060 €
55 ans4 416 €15,90 % du revenu5 888 €
58 ans4 686 €16,87 % du revenu6 248 €
60 ans4 854 €17,48 % du revenu6 472 €
62 ans5 013 €18,05 % du revenu6 684 €

Prix d’un trimestre en option taux et durée, demandes déposées en 2026. Après 62 ans, le prix redescend : 6 015 € à 66 ans pour la tranche haute. [1]

Ce barème cache une anomalie. Faute de nouvel arrêté, les montants en euros sont ceux fixés pour 2013, et seuls les seuils de revenus suivent le plafond de la Sécurité sociale chaque année. [1] Résultat : dans la tranche intermédiaire, où le prix est un pourcentage du revenu, le barème appliqué à la lettre donne un prix plus élevé que pour les hauts revenus dès environ 37 030 € par an. À 62 ans, avec 42 000 € de revenus moyens, le trimestre revient à 7 581 €, contre 6 684 € au-dessus de 48 060 €. Le montant qui engage la caisse reste celui de l’évaluation qu’elle envoie avant paiement. [5]

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Les seuils bougeront encore l’an prochain, puisque le plafond de la Sécurité sociale passe à 4 075 € par mois en 2027 : sans nouveau barème, les tranches seraient alors fixées à 36 675 € et 48 900 € par an.

Un homme d'une soixantaine d'années aux cheveux gris et lunettes, assis à une table en bois, étudie un document avec une calculatrice à côté de lui ; sa femme, debout derrière lui, regarde la feuille.

Au bout de combien d’années le rachat est-il remboursé ?

Pour répondre, nous avons pris trois cas types nés en 1964 : un trimestre manquant sur 170, rachat à 62 ans en option taux et durée, départ à l’âge légal de 62 ans et 9 mois. Le délai de remboursement correspond au nombre d’années pendant lesquelles le supplément de retraite de base, brut et sans revalorisation, égale le prix payé.

Cas typePrix à 62 ansRetraite en plusRemboursé au bout de
Revenus modestes (30 000 €), retraite de base 1 000 €5 013 €+18,31 € par mois22,8 ans, vers 85,6 ans
Revenus intermédiaires (42 000 €), retraite de base 1 500 €7 581 €+27,46 € par mois23,0 ans, vers 85,8 ans
Revenus élevés (plus de 48 060 €), retraite de base 2 000 €6 684 €+36,62 € par mois15,2 ans, vers 78,0 ans

Ces âges se lisent à côté de l’espérance de vie à 60 ans mesurée par l’Insee en 2025 : 83,9 ans pour un homme et 87,9 ans pour une femme, en moyenne. [7] Pour les revenus modestes et intermédiaires, le rachat n’est donc remboursé qu’après l’âge moyen atteint par un homme de 60 ans. Pour les revenus élevés, la somme est récupérée vers 78 ans.

Infographie : pour un trimestre racheté à 62 ans en option taux et durée par une personne née en 1964, prix de 5 013 €, 7 581 € et 6 684 € selon les revenus, retraite de base en plus de 18,31 €, 27,46 € et 36,62 € par mois, et remboursement au bout de 22,8 ans, 23,0 ans et 15,2 ans, ou 16,0, 16,1 et 10,6 ans après déduction dans la tranche d'impôt à 30 %.
À 62 ans, un trimestre racheté se rembourse en 15 à 23 ans de retraite selon les revenus, et en 11 à 16 ans si son prix est déduit dans la tranche d’impôt à 30 %. Infographie : ADAG, d’après le barème Cnav 2026 et l’Insee, cas types et calculs de la rédaction.

L’impôt raccourcit nettement ce délai. Le versement se déduit du revenu imposable, et cette déduction réduit le coût réel du rachat. [5] [6] Dans la tranche à 30 %, le trimestre à 6 684 € revient à 4 679 €, remboursés en 10,6 ans. Pour les revenus modestes, souvent non imposables ou dans la tranche à 11 %, l’avantage est faible ou nul : le délai reste supérieur à 20 ans. Le supplément de retraite, lui, sera soumis à la CSG et à l’impôt sur le revenu, ce qui allonge un peu ces délais.

La retraite complémentaire peut améliorer le calcul. Quand le rachat permet d’obtenir le taux plein dans le régime de base, l’Agirc-Arrco n’applique plus son coefficient de minoration, de 1 % pour un trimestre manquant. [8] Avec une complémentaire de 900 € par mois, le gain total monte à 45,62 € par mois et le délai tombe à 12,2 ans pour le cas des revenus élevés. Mieux vaut le faire confirmer par la caisse complémentaire avant de payer.

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L’outil ci-dessous refait le calcul avec votre âge, vos revenus, votre retraite estimée et votre tranche d’imposition.

Racheter un trimestre en 2026 : au bout de combien d’années est-il remboursé ?
Indiquez votre âge à la demande, la moyenne de vos revenus des dernières années et la retraite de base estimée à taux plein sur votre relevé. L’outil applique le barème officiel 2026 pour un trimestre manquant.
Barème des demandes déposées en 2026 (circulaire Cnav 2026-04 du 5 février 2026) : sous 36 045 € et au-dessus de 48 060 € de revenus, un montant fixe ; entre les deux, un pourcentage du revenu moyen, appliqué ici à la lettre. Gain calculé pour un seul trimestre manquant, départ à l’âge légal de la génération (Assurance retraite, LFSS 2026) : décote de 1,25 % effacée, et en option taux et durée, un trimestre de plus dans la part de carrière retenue. Retraite de base seulement : la minoration de 1 % de l’Agirc-Arrco, levée quand la base atteint le taux plein, n’est pas comptée. Montants bruts, sans revalorisation, CSG ni impôt sur la pension. Estimation indicative : le devis de la caisse et son simulateur font foi. Mise en forme : ADAG.

Racheter à 55 ans plutôt qu’à 62 : moins cher, mais un pari

Le même trimestre coûte environ 12 % de moins à 55 ans qu’à 62 ans, pour le même effet sur la retraite. Dans nos cas types, le délai passe de 22,8 à 20,1 ans pour les revenus modestes, et de 15,2 à 13,4 ans pour les revenus élevés. Pour les études supérieures, le prix baisse encore jusqu’au 31 décembre de l’année des 40 ans, sur 4 trimestres au plus. [4]

Acheter tôt suppose pourtant de savoir, des années à l’avance, combien de trimestres manqueront au départ. Les règles ont changé deux fois en trois ans, et un trimestre payé ne se revend pas : hors du dispositif temporaire de 2023, aucun remboursement n’est prévu pour un rachat devenu inutile. Les assurés qui ont racheté des trimestres avant les nouvelles règles de 2026 en font l’expérience.

Illustration à la gouache : une femme aux cheveux gris, la main au menton, observe une grande balance ancienne dans un jardin ; sur un plateau, une petite pile de pièces, sur l'autre, des pièces qui tombent une à une au fil des saisons, des arbres d'automne aux arbres enneigés puis en fleurs.
Payer le rachat en une fois, le récupérer quelques euros par mois : selon les revenus, il faut de 15 à 23 ans de retraite pour que la balance s’équilibre.

Les rachats faits avant la suspension de la réforme ne seront pas remboursés

La suspension de la réforme de 2023 s’applique aux retraites qui démarrent depuis le 1er septembre 2026. Elle réduit la durée exigée pour trois groupes d’assurés : [3]

  • nés en 1964 : 170 trimestres au lieu de 171, départ à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans ;
  • nés de janvier à mars 1965 : 170 trimestres au lieu de 172, départ à 62 ans et 9 mois ;
  • nés d’avril à décembre 1965 : 171 trimestres au lieu de 172, départ à 63 ans.
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Une personne née en 1964 qui avait racheté un trimestre pour atteindre 171 trimestres peut donc se retrouver avec un trimestre de trop. Ce trimestre ne rapporte rien de plus : le taux de la retraite de base ne dépasse pas 50 %, et la part de carrière retenue s’arrête à la durée exigée. Le seul cas où il reste utile est celui où d’autres trimestres manqueraient encore.

Aucun remboursement n’est prévu pour ces achats. Lors de la réforme de 2023, les assurés nés à partir du 1er septembre 1961 avaient pu se faire rembourser des trimestres rachetés avant le 15 avril 2023 et devenus inutiles, mais la demande devait être faite au plus tard le 14 avril 2025. [9] La circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse qui applique la suspension, datée du 5 mars 2026, annule les paragraphes consacrés au remboursement de certains rachats. [2] La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, telle que la présente l’Assurance retraite, ne crée pas non plus de nouvelle possibilité de remboursement. [3]

La suspension reste par ailleurs provisoire. Le calendrier de 2023 reprend avec une génération de décalage : 172 trimestres dès les personnes nées en 1966, et 64 ans pour celles nées en 1969, rappelle le syndicat d’enseignants SE-Unsa. [10] Pour ces générations, un rachat calculé sur 172 trimestres garde sa logique.

Une femme d'environ 62 ans aux cheveux gris courts, lunettes relevées sur la tête et gilet bordeaux, debout à une table de travail dans un bureau lumineux, regarde un planning en réfléchissant, un stylo à la main.

Avant de payer : comparer avec un trimestre de travail en plus

Le rachat n’est intéressant qu’à l’approche du départ, et pour qui veut partir dès l’âge légal sans avoir tous ses trimestres. [11] Quand le trimestre manquant est le dernier, travailler trois mois de plus peut suffire : un trimestre se valide avec 1 803 € brut de salaire soumis à cotisations dans l’année, selon le calcul publié par JeChange. [8] Cette voie corrige la retraite de base et la complémentaire, et elle ajoute trois mois de salaire au lieu d’en coûter.

Pour un rachat, l’Assurance retraite propose le service « Simuler le coût d’un rachat de trimestres » dans l’espace personnel. Il est gratuit, mais son site précise qu’il est encore en cours de mise à jour pour intégrer les dernières règles. [5] Le formulaire téléchargé à la fin de la simulation déclenche l’envoi d’un devis, à accepter avant tout paiement. Le paiement d’un rachat de 2 à 8 trimestres peut être échelonné sur 1 à 3 ans, et sur 1, 3 ou 5 ans à partir de 9 trimestres. [6] Les fonctionnaires relèvent de règles proches mais d’un autre barème : à 60 ans, un trimestre leur coûte entre 10 % et 30 % du traitement brut annuel selon l’option, d’après le SE-Unsa. [10]

Sources et références

[1] Caisse nationale d'assurance vieillesse — Circulaire n° 2026-04 du 5 février 2026, « Versement pour la retraite et rachats de cotisations alignés - Coût du versement au 1er janvier 2026 », annexe : barème applicable aux demandes déposées en 2026
https://legislation.lassuranceretraite.fr/Pdf/circulaire_cnav_2026_04_05022026.pdf

[2] Caisse nationale d'assurance vieillesse — Circulaire n° 2026-07 du 5 mars 2026, « Âge légal de la retraite et durée d'assurance pour les assurés nés à compter du 1er septembre 1961 dont la retraite prend effet à compter du 1er septembre 2026 »
https://legislation.lassuranceretraite.fr/Pdf/circulaire_cnav_2026_07_05032026.pdf

[3] L'Assurance retraite — « Loi de financement de la Sécurité sociale adoptée : découvrez les principales mesures retraite », mise à jour le 23 septembre 2026
https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/hors-menu/actualites-nationales/actif/2025/projet-de-loi-les-mesures-envisa.html

[4] L'Assurance retraite — « Racheter des trimestres », page consultée le 25 octobre 2026
https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/home/actif/ma-carriere/rachat-trimestres-retraite.html

[5] L'Assurance retraite — « Simuler le coût d'un rachat de trimestres », page consultée le 25 octobre 2026
https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/sites/pub/hors-menu/annexe/services-en-ligne/simuler-cout-rachat-trimestres.html

[6] Service-Public.fr (DILA) — « Retraite du salarié dans le secteur privé : rachat de trimestres », page consultée le 25 octobre 2026
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F15675

[7] Insee — « Espérance de vie à divers âges », données 2025 provisoires
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2416631

[8] JeChange — « Un trimestre manquant : 1,25 % de pension à vie ou 6 684 € une fois, l'arbitrage du barème 2026 », 23 octobre 2026
https://www.jechange.fr/credit/news/trimestre-manquant-1-25-pourcent-pension-a-vie-ou-6684-euros-arbitrage-bareme-2026

[9] Notre Temps — « Retraite : la date limite pour demander ce remboursement approche, êtes-vous concerné ? », 8 avril 2025
https://www.notretemps.com/retraite/comprendre/reforme-des-retraites-depechez-vous-pour-vous-faire-rembourser-vos-trimestres-inutiles-111726

[10] SE-Unsa — « Retraites : mise à jour du Rectorat vis-à-vis du PLFSS 2026 », octobre 2026
https://www.se-unsa.org/2026/10/retraites-mise-a-jour-du-rectorat-vis-a-vis-du-plfss-2026/

[11] Les Echos — « Retraite : comment faire du rachat de trimestres une stratégie gagnante ? », 19 octobre 2026
https://www.lesechos.fr/patrimoine/retraite/retraite-comment-faire-du-rachat-de-trimestres-une-strategie-gagnante-2257686

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