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Comment appliquer l’humanitude en EHPAD au quotidien

Une soignante en tenue blanche enlace tendrement une résidente âgée assise dans un fauteuil roulant, de dos.

Comment prendre soin de quelqu’un qui ne peut plus dire ce qu’il ressent ?

Entre une toilette expédiée et une visite inutile, la marge paraît bien mince. On voit ce que l’humanitude en EHPAD change au quotidien, et comment les équipes la mettent en pratique.

Humanitude : une méthode de soin relationnelle fondée sur quatre piliers

Une philosophie adaptée aux troubles cognitifs

Vous connaissez peut-être quelqu’un dont la maladie a fini par réduire la parole ou la mémoire. Là, la tentation est grande de se dire que le contact se perd.

L’Humanitude fait le pari inverse. Elle cherche à garder le lien entre la personne âgée et le professionnel. Même quand les mots manquent, ce lien reste possible.

Concrètement, la démarche repose sur environ 150 techniques de prendre soin. Elles touchent la communication, les soins, les déplacements, la toilette, les repas et la vie sociale.

Elle repose sur quatre piliers, qui se complètent :

  • Le regard, horizontal, proche, posé face à la personne assez longtemps pour établir un vrai contact.
  • La parole, utilisée avant, pendant et après chaque soin pour dire ce qui se passe.
  • Le toucher, progressif et doux, pour éviter l’effet de surprise.
  • La verticalité, qui consiste à garder la personne debout ou en mouvement dès que ses capacités le permettent.

Des résultats encourageants, mais des preuves limitées

Une revue de la littérature a retenu onze études sur l’Humanitude. Elles concernent des personnes vivant avec une démence et leurs aidants. Les résultats montrent une baisse de l’agitation et un meilleur bien-être.

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Une soignante en tenue bleue sourit à une femme âgée assise dans un fauteuil et lui tient le bras dans un salon.
Dans les soins quotidiens, regard, parole et toucher s’articulent pour respecter le rythme et la dignité de chaque résident.

L’efficacité reste à confirmer : la plupart des études n’ont pas de groupe de comparaison. Des essais contrôlés sont nécessaires.

Les quatre piliers se traduisent dans les gestes du quotidien

Le consentement guide le déroulement du soin

En EHPAD, l’approche commence avant même le soin. Vous voyez le professionnel frapper à la porte, attendre une réponse, se présenter et chercher votre regard. Ce premier geste compte beaucoup.

La règle « zéro soin de force, sans abandon de soin » ne veut pas dire que l’équipe renonce. Elle peut :

  • reporter le soin à plus tard
  • changer d’approche
  • chercher une autre manière d’obtenir l’adhésion

Le regard reste à hauteur du résident. La parole décrit chaque geste. Le toucher arrive petit à petit, après un premier contact verbal ou visuel. Vous laissez ainsi le temps à la personne de dire oui.

Les capacités du résident restent mobilisées

La verticalité ne veut pas dire faire marcher quelqu’un à tout prix. Le professionnel cherche la position debout, le déplacement ou la participation adaptés à l’état de la personne.

L’objectif souvent retenu par la démarche est d’atteindre environ vingt minutes de verticalité par jour. Cela reste possible seulement lorsque l’état de santé le permet.

Au quotidien, vous pouvez proposer deux vêtements et laisser la personne choisir. Vous organisez aussi les déplacements en tenant compte de la fatigue et des douleurs. Simple, et ça change beaucoup de choses.

La formation-action donne aux équipes des repères communs

Des soignants en tenue bleue aident une personne âgée à se lever du lit, tandis qu’une collègue se tient près d’un fauteuil roulant dans une salle de soins.
L’analyse de situations vécues aide les équipes à transposer les repères communs dans leurs gestes habituels.

Concrètement, la formation-action mélange trois choses : des apports théoriques, des exercices pratiques et l’analyse de situations vécues dans l’établissement. Vous voyez le principe ? Les professionnels testent les techniques pendant leur travail habituel, sans quitter leur poste.

Un groupe de pilotage suit la démarche. Il réunit la direction, l’encadrement, des soignants et des représentants des autres métiers. Ce groupe organise aussi l’évaluation des actions.

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Pour que les pratiques tiennent dans la durée, l’établissement peut :

  • Désigner des professionnels référents
  • Organiser des ateliers réguliers autour de situations concrètes
  • Observer les pratiques et donner un retour aux équipes
  • Intégrer l’Humanitude au projet d’établissement
  • Suivre les progrès à l’aide d’auto-évaluations annuelles

Et pour vous, en tant que famille, l’essentiel tient en une chose : un établissement peut appliquer certains principes de l’Humanitude sans avoir le label. La labellisation, elle, ajoute une évaluation menée à l’échelle de toute la structure.

Le label Humanitude évalue la démarche à l’échelle de l’établissement

Le parcours vers le label s’étale sur plusieurs années

Le label examine cinq principes :

  • Zéro soin de force sans abandon de soin.
  • Respect de l’intimité et de la singularité.
  • Vie debout.
  • Ouverture vers l’extérieur.
  • Lieu de vie qui correspond aux envies des résidents.

Le parcours se déroule en plusieurs étapes :

  1. L’établissement signe une convention « Vers le Label Humanitude » avec un Institut Gineste-Marescotti régional, puis accède au référentiel en ligne qui sert à suivre les pratiques.
  2. Il réalise une première auto-évaluation, puis deux nouvelles évaluations annuelles. Ces étapes permettent aux équipes de repérer leurs progrès et les points à travailler.
  3. Deux experts d’Asshumevie se rendent sur place, observent les pratiques dans les différents domaines, puis remettent un rapport à la commission de labellisation.
La visite de labellisation coûte à partir de 5 000 euros TTC, hors frais de déplacement.
Le tarif de départ est de 5 000 euros TTC, hors frais de déplacement ; il varie selon la taille de la structure.

La labellisation coûte à partir de 5 000 euros toutes taxes comprises. Le montant varie selon la taille de la structure.

Le label doit rester vivant après son obtention

Le label est accordé pour cinq ans. Chaque année, l’établissement fait son auto-évaluation. Il peut aussi recevoir une visite de suivi.

Une fois le label obtenu, le pilotage doit rester concret :

  • Les nouveaux salariés découvrent les principes dès leur arrivée.
  • Les référents accompagnent les collègues dans les situations difficiles.
  • Les ateliers entretiennent les gestes liés au regard, à la parole, au toucher et à la verticalité.

Un EHPAD labellisé peut tout de même traverser des journées difficiles, voire faire face à des refus. L’essentiel, c’est que les équipes repèrent ces moments, les comprennent et agissent sans jamais banaliser le recours à la force.

Votre checklist pour appliquer l’humanitude en EHPAD
Cochez les points qui vous concernent, à votre rythme.

Ces quatre piliers se complètent et structurent toute la démarche.

La parole accompagne le soin du début à la fin, pour dire ce qui se passe.

Cela évite l’effet de surprise pour la personne âgée.

La règle « zéro soin de force, sans abandon de soin » vaut pour toute l’équipe.

La verticalité vise à maintenir les capacités motrices, sans forcer la marche.

Laisser le choix préserve l’autonomie et l’estime de soi.

Les référents accompagnent les collègues dans les situations difficiles.

Ils entretiennent les gestes liés au regard, à la parole, au toucher et à la verticalité.

C’est une étape possible vers la labellisation, qui évalue toute la structure sur cinq ans.

Avant de confier un proche à un établissement, renseignez-vous sur la façon dont il applique l’Humanitude. Demandez s’il a désigné des professionnels référents, s’il organise des ateliers réguliers et s’il a signé une convention « Vers le Label Humanitude ».

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