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Votre petite retraite passe-t-elle sous le plafond qui ouvre droit à la Complémentaire santé solidaire, une couverture publique à 30 € par mois au plus ?

Gratuite ou à 30 € par mois au plus après 70 ans, la Complémentaire santé solidaire remplace la mutuelle des retraités modestes. Une personne seule locataire y a droit jusqu’à 1 172 € de ressources nettes par mois, mais la plupart des personnes éligibles à la version payante ne la demandent pas.

Vidéo ADAG (1 min 03) : les plafonds 2026 de la Complémentaire santé solidaire pour un retraité seul ou en couple, locataire ou propriétaire, et ce que coûte la version payante après 70 ans.
Sommaire

Le dispositif porte un nom administratif qui n’évoque rien à beaucoup de retraités, et c’est une partie du problème. La Complémentaire santé solidaire, ou C2S, a remplacé en novembre 2019 la CMU complémentaire et l’aide au paiement d’une complémentaire santé [1]. Elle joue exactement le rôle d’une mutuelle : elle rembourse ce que l’Assurance maladie laisse à la charge du patient. Mais une idée reçue tenace la réserve aux plus démunis. Selon une enquête de l’Assurance maladie citée par la Sécurité sociale, 47 % des personnes qui y ont droit pensent qu’elle est réservée aux personnes très pauvres, et seules 56 % se croient en mesure d’y prétendre [1].

Or le plafond de la version payante, qui s’ouvre juste au-dessus de celui de la version gratuite, dépasse le minimum vieillesse. Il concerne des pensions modestes, pas seulement des situations de grande précarité.

Complémentaire santé solidaire : les plafonds 2026 pour un retraité seul ou en couple

Les plafonds sont fixés en revenus annuels et relevés chaque 1er avril. Ceux en vigueur jusqu’au 31 mars 2027 sont de 10 421 € par an pour une personne seule pour la C2S gratuite, et de 14 069 € pour la version avec participation, soit 35 % de plus [2][3]. Pour un couple, ils passent à 15 632 € et 21 103 € [2]. Ramenés au mois, cela donne les montants suivants, à comparer à la moyenne de vos ressources nettes sur douze mois.

Situation du foyerC2S gratuite jusqu’àC2S à moins de 1 € par jour jusqu’à
Retraité seul, locataire sans aide au logement868 € par mois1 172 € par mois
Retraité seul, propriétaire, logé gratuitement ou touchant une aide au logement790 € par mois1 094 € par mois
Couple, locataire sans aide au logement1 303 € par mois1 759 € par mois
Couple propriétaire ou logé gratuitement1 166 € par mois1 622 € par mois
Couple touchant une aide au logement1 146 € par mois1 602 € par mois
Complémentaire santé solidaire : votre retraite passe-t-elle sous le plafond ?
Indiquez la moyenne mensuelle des ressources nettes de votre foyer sur les douze derniers mois. L’outil applique les plafonds en vigueur du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 et le forfait logement.
Retraité seul, locataire, 1 100 € nets par mois : sous le plafond de 1 172 €, la C2S coûte 30 € par mois à 70 ans et plus. Activez JavaScript pour tester votre situation ; les plafonds figurent dans le tableau de l’article.
Ressources comptées : pensions de base et complémentaires, réversion, revenus d’activité, nets de CSG, de CRDS et de cotisations, avant impôt sur le revenu, ainsi que les revenus de capitaux mobiliers et immobiliers du dernier avis d’imposition. L’APA n’est pas comptée. Le forfait logement ajouté est de 78,20 € par mois seul, 136,86 € pour un couple propriétaire et 156,41 € pour un couple qui touche une aide au logement (l’aide est comptée dans la limite de ce forfait). Plafonds annuels 2026 en métropole : 10 421 € et 14 069 € seul, 15 632 € et 21 103 € en couple. Mayotte n’est pas couverte par l’outil. Estimation indicative : la décision de votre caisse d’assurance maladie fait foi. Sources : Direction de la Sécurité sociale, Service-Public. Mise en forme : ADAG.
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Le logement change le seuil, et c’est là que beaucoup de propriétaires se trompent. Un retraité qui ne paie pas de loyer, parce qu’il est propriétaire ou hébergé gratuitement, se voit ajouter à ses ressources un forfait logement de 78,20 € par mois s’il vit seul, et de 136,86 € pour un couple [2]. Celui qui touche une aide au logement voit cette aide comptée dans la limite d’un forfait, de 78,20 € seul et de 156,41 € en couple [4][5]. Selon nos calculs, le plafond réel d’un propriétaire seul tombe ainsi à 790 € par mois pour la gratuité et à 1 094 € pour la version payante.

L’écart suffit à départager deux voisines qui touchent la même pension. Avec 1 100 € nets par mois, une veuve locataire reste sous le plafond de 1 172 € et peut obtenir la C2S payante. Une veuve propriétaire de son appartement le dépasse de 6 € par mois, une fois le forfait ajouté, et n’y a pas droit.

Infographie : plafonds mensuels de ressources nettes de la Complémentaire santé solidaire du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 en métropole. Retraité seul locataire : gratuite jusqu’à 868 euros, à moins de 1 euro par jour jusqu’à 1 172 euros. Retraité seul propriétaire, logé gratuitement ou touchant une aide au logement : 790 et 1 094 euros. Couple locataire : 1 303 et 1 759 euros. Couple propriétaire : 1 166 et 1 622 euros. Couple avec aide au logement : 1 146 et 1 602 euros. Participation de 30 euros par mois à 70 ans et plus, soit 0,99 euro par jour, et 25 euros entre 60 et 69 ans, contre 127 euros par mois en moyenne pour une personne seule de 75 ans avec une complémentaire classique en 2021. En 2021, 31 % des personnes éligibles à la C2S gratuite et 66 % de celles éligibles à la version payante ne la demandaient pas.
Un retraité seul propriétaire a droit à la C2S gratuite jusqu’à 790 € de ressources nettes par mois, contre 868 € pour un locataire, car un forfait logement s’ajoute à ses revenus. Infographie : ADAG, d’après la Direction de la Sécurité sociale, la Drees et Service-Public, calculs de la rédaction.

Les ressources retenues sont celles du foyer, nettes de CSG, de CRDS et des autres prélèvements sociaux, perçues sur douze mois : du treizième au deuxième mois avant la demande [5][4]. Pensions de base et complémentaires, pension de réversion et revenus d’un emploi sont récupérés automatiquement par l’Assurance maladie. Les revenus de placements imposables et les loyers perçus sont repris du dernier avis d’imposition. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), elle, n’est pas comptée [5].

Ce que coûte la version payante après 60 ans, et ce qu’elle évite de payer

La participation dépend uniquement de l’âge au 1er janvier de l’année où la C2S est accordée, et elle est due pour chaque personne couverte [2] :

  • 25 € par mois entre 60 et 69 ans, soit 300 € par an ;
  • 30 € par mois à 70 ans et plus, soit 360 € par an et 0,99 € par jour ;
  • en Alsace-Moselle, 8,70 € et 10,50 € par mois pour les mêmes âges.
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Pour un couple de septuagénaires, la facture est donc de 60 € par mois. La comparaison avec une complémentaire classique est nette : en 2021, dernière année publiée par âge, une personne seule de 75 ans payait en moyenne 127 € par mois pour un contrat individuel, selon la Drees, le service statistique des ministères sociaux [6]. À cet âge, l’écart atteint près de 1 164 € par an selon nos calculs.

La couverture, elle, est la même dans les deux versions. Le patient n’avance pas les frais chez le médecin, à la pharmacie ou au laboratoire s’il respecte le parcours de soins, et les médecins ne peuvent pas lui facturer de dépassements d’honoraires, sauf exigence particulière comme une visite à domicile ou un rendez-vous hors des horaires habituels [5]. Le forfait journalier est pris en charge sans limite à l’hôpital, mais la chambre individuelle et la télévision restent à payer. Lunettes, couronnes dentaires et appareils auditifs du panier « 100 % santé » sont remboursés en entier : pour une paire d’aides auditives de cette gamme à 1 600 €, le reste à charge est de 0 € [5].

S’y ajoute un avantage que la plupart des mutuelles ne donnent pas. Les bénéficiaires de la C2S sont dispensés des franchises médicales, 1 € par boîte de médicament, et de la participation forfaitaire de 2 € par consultation [4]. Ces deux retenues peuvent atteindre chacune 70 € par an et par personne depuis le 1er octobre 2026, au lieu de 50 € auparavant [7].

Deux retraités éligibles sur trois passent à côté de la version payante

Le non-recours reste massif, surtout sur la tranche où se trouvent les petites pensions. D’après la dernière estimation de la Drees, qui porte sur 2021, 69 % des personnes éligibles à la C2S gratuite en bénéficiaient, mais seulement 34 % de celles qui avaient droit à la version payante [1]. Autrement dit, 66 % ne la demandaient pas. Aucun chiffre plus récent n’existe : le rapport annuel publié en janvier 2026 indique que la Drees n’a pas pu mettre à jour son estimation pour 2022 et 2023, et souligne que la mesure est particulièrement imprécise autour du plafond de la version payante, où beaucoup de foyers ont des ressources proches du seuil [1].

Cette tranche est pourtant celle des retraités. Plus d’un bénéficiaire sur trois de la C2S payante a plus de 60 ans, 37 % selon le rapport annuel 2025, et les femmes y sont majoritaires après cet âge, ce que la Sécurité sociale relie à leur longévité et à des droits à la retraite plus faibles pour des générations qui ont peu travaillé [1]. Sur 7,9 millions de bénéficiaires en juin 2025, 1,8 million paient la participation [1].

Le récit de ces pensions trop courtes revient chaque semaine dans les témoignages de retraités qui rognent sur le chauffage ou les courses. L’effet de ce non-recours se mesure pourtant en euros : un septuagénaire seul éligible qui garde un contrat au prix moyen paie environ 1 164 € de plus par an qu’avec la C2S, pour une couverture qui ne le dispense pas des franchises.

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Au minimum vieillesse, la demande se fait sans déclarer ses ressources

Le minimum vieillesse, ou allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), complète la pension jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et 1 620,18 € pour un couple depuis le 1er janvier 2026 [8]. Ces montants dépassent les plafonds de la C2S gratuite, mais restent sous ceux de la version payante, celle à 30 € par mois après 70 ans.

Depuis avril 2022, les nouveaux allocataires de l’Aspa et leur conjoint sont présumés y avoir droit, s’ils n’ont pas travaillé dans les trois mois précédant la demande [1][4]. La caisse d’assurance maladie leur envoie un formulaire simplifié, sans déclaration de ressources, et le droit est renouvelé automatiquement tant que la situation du foyer ne change pas [1]. Malgré cette simplification, environ 64 % des allocataires de l’Aspa étaient affiliés à la C2S fin 2024 : plus d’un sur trois ne l’était pas [1].

Le minimum vieillesse souffre lui-même d’un fort non-recours, nourri par la crainte de voir l’allocation reprise sur l’héritage, comme nous l’avons détaillé sur le seuil de 108 586 € en dessous duquel rien n’est récupéré. Un allocataire déjà en place garde la même présomption de droit à la C2S, à condition d’en faire la demande auprès de sa caisse d’assurance maladie [1].

Illustration à la gouache d’un couple de retraités assis le soir à une table de cuisine sous une suspension : la femme en gilet rouge remplit un formulaire au stylo, l’homme en pull bleu marine montre une ligne sur une feuille, deux cartes vertes, des enveloppes, des tasses et des lunettes posées sur la toile cirée.
Pour un couple de retraités locataires, la C2S reste ouverte jusqu’à 1 759 € de ressources nettes par mois, à 60 € par mois si les deux ont 70 ans ou plus. Image d’illustration.
Un homme âgé aux cheveux blancs, gilet gris sur une chemise à carreaux, se tient devant la porte ouverte d'une maison de village en pierre aux volets verts, une enveloppe à la main, dans la lumière d'une fin d'après-midi d'automne.

Demander la C2S et arrêter sa mutuelle en cours d’année

La demande se fait sur le compte ameli ou avec le formulaire cerfa n° 12504, à envoyer à sa caisse d’assurance maladie, éventuellement par un proche muni d’une procuration [4]. Il faut fournir l’avis d’impôt, l’avis de taxe foncière pour un propriétaire et l’avis de taxe d’habitation. Le simulateur public de mesdroitssociaux.gouv.fr permet de vérifier son éligibilité avant de déposer le dossier [4].

La C2S prend effet le premier jour du mois qui suit la décision ; pour la version payante, une fois transmis les éléments de paiement de la participation [5]. En cas d’hospitalisation au moment de la demande, elle peut remonter jusqu’à deux mois en arrière [5]. Le droit est ouvert pour douze mois, puis se renouvelle aux mêmes conditions de ressources [1][4].

Dans un bureau de mairie baigné de lumière dorée, une femme d’environ 73 ans aux cheveux argentés, gilet bordeaux, tient côte à côte deux documents qu’elle compare d’un air sceptique, tandis qu’un conseiller pointe l’un d’eux avec un stylo ; un drapeau tricolore est flou à l’arrière-plan.

Pour la mutuelle communale comme pour un contrat individuel, aucune échéance n’est à attendre : un nouveau bénéficiaire de la C2S peut obtenir à tout moment la résiliation totale de sa complémentaire en cours, et l’assureur doit lui rembourser les cotisations déjà versées pour la période restante. Si la C2S est confiée à son organisme habituel, le contrat est simplement transformé, et une « sur-complémentaire » reste possible pour les garanties au-delà, aux tarifs classiques [5].

Sources et références

[1] Direction de la Sécurité sociale — « La complémentaire santé solidaire, rapport annuel 2025 », janvier 2026 (estimation du taux de recours : Drees)
https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2026-01/Rapport%20annuel%20C2S%202025.pdf

[2] Direction de la Sécurité sociale — « Plafonds d’attribution de la Complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État », forfaits logement et montants de participation, 1er avril 2026
https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2026-05/2026%20Plafonds%20&%20forfaits%20logement%20&%20cotisations%20C2S.pdf

[3] Légifrance — Arrêté du 20 mars 2026 fixant le montant du plafond de ressources de la protection complémentaire en matière de santé, JORF n° 0073 du 26 mars 2026
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053717269

[4] Service-Public — « Complémentaire santé solidaire (ex-CMU-C) », vérifié le 1er juillet 2026
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F10027

[5] Ministère de la Santé — « Vous êtes retraité », site officiel de la Complémentaire santé solidaire
https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/ma-situation/vous-etes-retraite

[6] Drees — « La complémentaire santé », édition 2024, fiche 11 « Les primes d’assurance des contrats »
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2024-07/CS24%20-%20Fiche%2011%20-%20Les%20primes%20d%E2%80%99assurance%20des%20contrats.pdf

[7] Service-Public — « Les plafonds annuels des franchises médicales et participations forfaitaires augmentent dès le 1er octobre 2026 », 16 septembre 2026
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17166

[8] Service-Public — « Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) »
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16871

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